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Le CD&V respire… Mais jusqu’à quand ?

(cc) AStoko via Pixabay

20 novembre 2019

Le CD&V respire… Mais jusqu’à quand ?

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Walter De Donder, comédien qui incarne notamment le lutin « Plop » du petit écran, et désormais candidat à la présidence du CD&V, ne participera pas au dernier tour de l’élection. Esprit libre et désinvolte, il s’est imposé comme un bourgmestre proche de sa base, capable de séduire par son parler-vrai. Mais en évoquant les « quartiers dépeuplés » et les « eigen mensen », les Flamands de souche, il a fait frémir à la fois les instances dirigeantes du parti et ses six adversaires. S’il a bien battu les « apôtres » Vincent van Peteghem et Raf Terwingen, il doit s’incliner devant Joachim Coens et Sammy Mahdi, les deux candidats retenus par une bonne moitié des militants du CD&V qui se sont exprimés. Enfants compris.

Joachim Coens respire. Il occupe pour l’instant la première place, avec 26 % des suffrages. Fort de son expérience de patron du port de Zeebruges et de bourgmestre de Damme, ce quinquagénaire est également le fils du très populaire ex-ministre Daniel Coens. Il bénéficiait aussi, en coulisses, du soutien de la « leading lady » Hilde Crevits. Autant dire qu’un échec aurait été douloureux. Coens bénéficie des capacités managériales indispensables pour faire du CD&V une machine gérée de manière professionnelle. Où les enfants ne votent pas à l’élection du président. Un parti qui pratique une communication moderne. Nous écrivons « parti », mais Joachim Coens, lui, rêve plutôt d’une « plateforme », voire d’un « mouvement », à l’instar du mouvement « En Marche » du président français Macron. Pourvu que l’électeur sache clairement dans quel sens le mouvement avance. Et pourvu que ce ne soit pas le réseau associatif « Beweging.net » qui marque le pas.

Sammy Mahdi respire. Le talent de ce jeune trentenaire ne fait aucun doute. Sauf qu’une question s’est assez rapidement posée, sans avoir l’air d’y toucher : l’arrière-ban du CD&V est-il prêt à accepter un président de parti un peu « bronzé » ? Même avec un prénom et un accent indéniablement flamands ? Pour 19 % des membres qui se sont exprimés, la réponse était clairement : « Et alors ?  On est en 2019. » À juste titre. Sammy Mahdi est le « great communicator » dont le CD&V a besoin. Le sang neuf dont il a besoin. Cette leçon, le Vlaams Belang l’a assimilée à la vitesse grand V après la dégelée encaissée il y a cinq ans : pour grandir, il faut gagner le vote jeune. Et c’est là que le bât blesse pour les démocrates-chrétiens : la moitié des 40.000 membres du CD&V a plus de 60 ans. Alors la jeune travailleuse gantoise aura beau voir en Hilde Crevits une femme politique capable, pourra-t-elle s’identifier à elle ? Non. Si le CD&V veut retrouver un tant soit peu son ancienne aura de parti du peuple, il doit séduire tous les âges.

Oui, les temps sont durs pour le CD&V : ce parti autrefois si puissant ne représente plus qu’un Flamand sur sept. Mais il serait bien prématuré de prédire la fin des démocrates-chrétiens. Selon les enquêtes réalisées après les élections, la moitié de la population s’estime centriste. Quant aux partis moribonds, ils peuvent reprendre vigueur. Demandez à Agalev. Demandez au Vlaams Belang. Cela dit, l’électeur ne pourra respirer, lui, que si le président du CD&V – qu’il s’agisse de Joachim Coens ou de Sammy Mahdi – accepte de s’attaquer aux vaches sacrées. Vouloir, c’est pouvoir.

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