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13 octobre 2016

Abolition de l’arme nucléaire: que fait la Belgique?

Cette traduction est une carte blanche signée par les Présidents des jeunes des grands partis politiques néerlandophones.

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L’Assemblée des Nations Unies débat cette semaine à New York d’une résolution portant sur l’abolition de l’armement nucléaire. Objectif : entamer à l’horizon 2017 des négociations visant à interdire les armes de ce type à l’échelle internationale. La Belgique n’est pas favorable à cette résolution. Nous, les présidents des jeunes des cinq plus grands partis politiques flamands, estimons pourtant qu’une telle abolition n’a rien de révolutionnaire.

On dénombre toujours près de 16 000 armes nucléaires dans le monde. Le risque d’une explosion nucléaire est réel, les conséquences humanitaires d’une telle explosion catastrophiques et planétaires. Depuis 1945, les armes nucléaires ont fréquemment fait l’objet d’une quasi-utilisation (consciente ou accidentelle). Des experts militaires mettent en garde contre le vol ou le cyberpiratage nucléaire par des terroristes.

Au niveau international, on observe heureusement une dynamique de désarmement nucléaire mondial. En août 2016, 107 pays ont appuyé un rapport de l’ONU recommandant d’entamer en 2017 des négociations relatives à une nouvelle abolition internationale des armes nucléaires. Le gouvernement belge doit soutenir cette initiative de manière constructive.

Une fois un traité d’abolition négocié, le gouvernement belge devra aussi le signer sans délai. Contrairement à notre pays, les Pays-Bas et plusieurs autres États membres de l’OTAN n’ont pas rejeté l’idée d’un tel texte à l’ONU en août dernier. Un traité d’interdiction est une nouvelle étape logique vers le désarmement nucléaire total. Il est grand temps de bannir la bombe.

L’utilisation d’armes nucléaires est contraire au droit humanitaire international et s’apparente au génocide. Menacer d’utiliser des armes nucléaires est immoral et illégitime, et sera sans doute bientôt illégal.

Une interdiction augmente la pression sur les États dotés de l’arme nucléaire.

Avec de vastes programmes de modernisation de leur arsenal nucléaire, ces États indiquent clairement leur refus de respecter leurs engagements en matière de désarmement. Une interdiction suscitera le débat sociétal et politique sur l’utilité résiduelle des armes nucléaires au sein de ces États. Elle incitera aussi les entreprises à se retirer de l’industrie de l’armement nucléaire.

Une interdiction est complémentaire à d’autres propositions de désarmement. L’interdiction et l’approche “pas à pas” que prône la Belgique ne sont pas incompatibles, au contraire. Mais le statu quo des vingt dernières années révèle les limites de cette approche. La pression sur les États dotés de l’arme nucléaire et leurs alliances doit être intensifiée par le biais d’une interdiction.

Une telle interdiction renforce le régime de désarmement et de non-prolifération mondial qui est de plus en plus mis sous pression par l’absence de désarmement nucléaire et par les frustrations qui en découlent pour les États non nucléaires.

Un traité d’interdiction réduit le risque d’une nouvelle course à l’arme nucléaire.

Il est urgent de mettre en place une nouvelle dynamique. Ne rien faire n’est pas envisageable. La prolifération des armes nucléaires se poursuit. Rien que cette année, la Corée du Nord a déjà effectué deux essais nucléaires. Aussi longtemps que les armes nucléaires existent, le risque d’une catastrophe nucléaire est réel.

Nous souhaitons donner clairement le signal que notre génération veut se débarrasser de cet héritage de la Guerre Froide. Les armes nucléaires sont une relique du passé : le statu quo n’est plus envisageable pour notre génération. La Belgique doit donner son appui à une abolition internationale des armes nucléaires.

Tomas Roggeman (président des Jeunes N-VA), Wim Soons (président des Jeunes CD&V), Maurits Vande Reyde (président des Jeunes VLD), Aaron Ooms (président des Jeunes Socialistes), Stefanie De Bock (coprésidente des Jeunes Groen).

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