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Flandre – Bruxelles, un fossé plus profond que jamais

(cc) GregMontani via Pixabay

8 octobre 2019

Flandre – Bruxelles, un fossé plus profond que jamais

Temps de lecture: 2 minutes

Si vous pensiez que la formation du gouvernement fédéral allait être un jeu d’enfant une fois le gouvernement flamand formé, vous faisiez fausse route. Selon cette logique, il aurait fallu s’occuper des entités fédérées avant de s’attaquer aux négociations fédérales et ensuite, après la formation des gouvernements des entités fédérées, tout aurait coulé de source pour le fédéral. Et pendant ce temps, la formation fédérale aurait été mise quelque temps au frigo.

Mais aujourd’hui seulement, nous nous rendons compte que la Flandre est plus différente de Bruxelles et de la Wallonie qu’on le pensait.

La Flandre a mis le cap à droite et s’attache davantage aux devoirs qu’aux droits. Elle s’intéresse moins aux bas salaires qu’aux primo-arrivants, aux demandeurs d’asile et par extension à tous les étrangers.

Le Vlaams Belang est sorti vainqueur des élections du 26 mai. Rien d’étonnant dès lors à ce que ce parti ait laissé des traces dans l’accord de gouvernement. La Flandre a voté à droite et a obtenu une politique de droite. Bruxelles et la Wallonie, par contre, ont voté à gauche et ont assez rapidement obtenu des accords de gouvernement de centre-gauche.

Concilier ces divergences au fédéral, voilà qui tient de la mission quasi impossible, tant les esprits du nord et du sud du pays semblent se distancier, notamment en matière de droits humains.

Fin des droits sociaux pour les primo-arrivants ? Un parcours d’intégration payant ? Même pour l’aile la plus à droite du MR, l’accord de gouvernement flamand est imbuvable.

L’accord de gouvernement met également à mal les relations entre néerlandophones de Flandre et Flamands de Bruxelles. En effet, tant lors de la formation que de la présentation de l’accord, il fut évident que Bruxelles n’a fait l’objet que d’une attention très limitée.

À l’Hôtel Errera, la résidence de fonction du ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA) n’a mentionné qu’une seule fois Bruxelles lors de sa conférence de presse sur l’accord de gouvernement. Et encore, il s’agissait du Ring de Bruxelles.

M. Jambon avait cependant une réponse appropriée face à ce silence au sujet de notre capitale. La politique communautaire flamande est la même en Flandre qu’à Bruxelles, et il n’est dès lors pas nécessaire de développer une approche spéciale pour Bruxelles, a-t-il expliqué devant les caméras de BRUZZ. Il n’a pas tort, évidemment. Une décision valable pour l’enseignement en Flandre l’est aussi pour Bruxelles.

Ceci dit, la Flandre, fidèle à l’adage « on n’est jamais mieux servi que par soi-même », va très loin en termes d’autonomisation.

Et plus la Flandre élargit son autonomie, plus elle crée des différences entre elle et Bruxelles. Ceci est valable en termes de symboles, comme les écharpes maïorales, mais également pour des questions plus essentielles, comme le vote obligatoire, la politique d’accueil des primo‑arrivants, la discrimination, l’égalité des chances, etc.

Certes, ce fossé qui s’élargit n’a rien de nouveau. Nous pouvons le vérifier à chaque réforme de l’État. Et une question demeure : où cela va-t-il nous mener ?

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