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La pandémie est une guerre dans laquelle l’OTAN doit davantage s’investir

Image par moerschy de Pixabay

25 mars 2021

La pandémie est une guerre dans laquelle l’OTAN doit davantage s’investir

Cette semaine, Bruxelles aura été le théâtre de deux sommets internationaux : celui de l’OTAN, qui vient de s’achever, et celui du Conseil de l’Europe, qui se tiendra aujourd’hui et demain. La crise sanitaire qui s’éternise pose la question suivante : les organisations internationales ne doivent-elles pas sortir l’artillerie lourde ?

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La nervosité ambiante autour de nouvelles mesures sanitaires, tant ici que chez nos voisins, risque d’engendrer des réflexes protectionnistes en matière de vaccins. À l’occasion des sommets de l’OTAN et de l’UE cette semaine, le moment semble pourtant propice pour mettre les bouchées doubles dans la coopération internationale face à la pandémie. L’UE, en tant que plus grand exportateur mondial de vaccins contre le coronavirus, déploie des efforts considérables dans les quatre coins du monde et s’agace de voir le Royaume-Uni et les États-Unis, notamment, à la traîne dans l’exportation de doses. À Bruxelles, d’aucuns évoquent des scénarios selon lesquels l’UE serait sur le point de décréter un embargo sur l’exportation des vaccins ; il se pourrait même que la décision tombe aujourd’hui lors du Conseil virtuel réunissant les chefs de gouvernement. Une telle situation semble toutefois improbable à la suite de la mise en garde de la chancelière allemande Angela Merkel, qui exhorte l’UE à « l’extrême prudence » devant une telle mesure. À juste titre. Dans un monde où nous sommes désormais tous indissociablement liés, le protectionnisme est contre-productif. Des interdictions d’exportation créeraient un effet domino néfaste dans les chaînes d’approvisionnement, des vaccins aux seringues en passant par les vêtements de protection pour le personnel soignant.

Ce n’est que lorsque tout le monde sera vacciné que nous serons enfin tirés d’affaire

Mais les propos dissuasifs de Merkel ne veulent pas dire qu’il faut se laisser aller au train-train habituel pour autant. Dans le contexte pandémique, la coopération internationale doit être plus efficace, plus audacieuse et, surtout, bien plus importante. Ce n’est en effet que lorsque tout le monde sera vacciné que nous serons enfin tirés d’affaire. Voilà pourquoi le Conseil des ministres de l’organisation transatlantique, placé sous le signe du renouveau des relations entre l’UE et les États-Unis et de l’inquiétante menace russe, aurait dû se pencher davantage sur la gestion de la crise sanitaire. Au cours de la pandémie, l’OTAN a mis toute son expérience logistique au service du transport de patients, de matériel médical et d’hôpitaux de campagne par-delà les frontières, mais l’organisation peut jouer un plus grand rôle dans l’acheminement et la distribution du vaccin. Après l’avoir inoculé cette semaine au personnel de son quartier général à Bruxelles, par l’intermédiaire de médecins polonais dépêchés à la hâte, l’alliance transatlantique pourrait également s’illustrer en instaurant de ponts aériens afin de transporter des vaccins vers des régions difficilement accessibles ravagées par le covid, dans le fin fond de l’Europe ou de l’Afrique.

L’OTAN a manqué l’occasion de s’affirmer

II s’agissait là du moment idéal pour prouver que l’OTAN peut contribuer à la sécurité collective. Nous ne serons en mesure d’aider pleinement le reste du monde que si les dirigeants européens accordent leurs violons. Aujourd’hui, ceux-ci peuvent donner un signal fort dans la lutte contre la pandémie en la prenant pour ce qu’elle est : une guerre. Une guerre dont nous sortirons vainqueurs qu’à la condition de joindre nos forces, précision militaire et défense collective à l’appui, contre un ennemi biologique invisible.

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