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La N-VA victime de ses propres objectifs politiques

Courtoisie de la page Facebook de la N-VA

7 mars 2016

La N-VA victime de ses propres objectifs politiques

Temps de lecture: 2 minutes

La promesse d’arriver à un budget en équilibre structurel en 2018 a du plomb dans l’aile. Tel est le principal enseignement se dégageant du contrôle budgétaire annuel. Deux milliards à trouver, et ce uniquement pour garder le budget 2016 sur les rails: ce simple constat a de quoi faire griser les mines au sein du gouvernement fédéral. L’ambition de départ, qui était tout à la fois d’assainir le budget, de diminuer les impôts et d’accroître la concurrence sur le marché, menace dès la mi-mandat d’être complètement inversée: un déficit obstiné, une croissance à venir insuffisante et le sentiment frustrant au sein de la population que le gouvernement donne d’une main, mais est forcé de reprendre de l’autre.

L’ensemble de ce gouvernement de centre-droit a donc un problème. Mais politiquement, c’est la N-VA, le plus grand parti de la coalition, qui est le plus sous pression. Non seulement c’est elle qui a le plus insisté sur les réformes politiques, mais elle offre aussi un visage à cette opération d’assainissement, à savoir le ministre des Finances Johan Van Overtveldt. Le MR peut apparemment vivre plus facilement avec un retour à l’équilibre reporté à 2019 ou même plus tard, tandis que l’Open VLD et le CD&V protégeront la gestion de leurs départements sociaux en évitant des économies supplémentaires. La N-VA, isolée, doit quant à elle continuer à démontrer que le moteur du changement tourne à plein régime. Il y a deux mois, lors de la réception du Nouvel An de la N-VA, son président Bart De Wever avait vu venir le coup. Il a prévenu qu’en matière d’assainissement budgétaire, le plus dur restait à venir. Mais il n’a obtenu que des économies dans le fonctionnement de la sécurité sociale. Et il est vite apparu évident que cela ne suffirait pas pour obtenir les nombreux milliards nécessaires.

Entretemps, la cohésion entre les partis de la coalition s’est encore fissurée un peu plus. Pour le CD&V, le harcèlement des anciens partenaires de cartel est désormais devenu une stratégie officielle du parti. Le soutien à la rigueur budgétaire s’est raffermi, y compris au niveau du monde des affaires et des économistes.

La N-VA a mis désormais la barre trop haut par rapport à ce qu’elle semble capable de franchir.”

La seule conclusion possible, c’est que les nationalistes flamands ont fortement sous-estimé l’ampleur de la tâche qu’ils avaient eux-mêmes évaluée. Ils paient désormais cash le choix tactique de ne pas avoir agi avec encore plus de fermeté en début de législature.

Personne ne peut prétendre que l’exercice actuel soit un jeu d’enfant. L’absence de reprise économique au niveau européen aurait placé n’importe quel gouvernement devant des choix difficiles. Mais la N-VA a mis la barre trop haut et semble incapable de la franchir. Elle devra en outre composer avec des partenaires de coalition qui se feront désormais un malin plaisir à la voir échouer.

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