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22 février 2016

En 2007, il misait sur les Diables, aujourd’hui son sponsoring vaut de l’or

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Parmi les sponsors de notre équipe nationale, une petite société de construction rivalise avec les plus grandes multinationales. Kurt Geens est le PDG de la société Woningbouw Verelst. En 2007, l’homme décide de sponsoriser les Diables Rouges. Une « folie » à l’époque, où notre équipe méritait davantage le surnom de « Minables Rouges » que toute autre chose. Aujourd’hui, Kurt se félicite de cette décision, dont il tire pleinement profit. S’il fait jeu égal avec des multinationales comme Adidas, AB InBev ou Coca-Cola, ses conditions contractuelles restent celles d’une équipe de seconde zone.

Située à Rumst, la société de construction de Kurt Geens emploie quelque 500 collaborateurs. Son chiffre d’affaires ne représente qu’une infime fraction de celui de pointures telles qu’Adidas ou Coca-Cola. Et pourtant, cet entrepreneur a sa place parmi le club select des sponsors principaux de l’équipe. « Je ne me sens pas toujours à l’aise au milieu de ces multinationales », avoue-t-il. « Je n’ai pas leurs budgets et je ne peux pas me permettre, comme le fait Jupiler aujourd’hui, de colorer les boules de l’Atomium en rouge pour lancer une nouvelle campagne. »

Pourtant, l’Union belge fut plus que ravie d’accueillir cette petite société parmi ses sponsors en 2007. En effet, s’ils peuvent aujourd’hui se permettre de refuser des propositions, ils devaient alors batailler ferme pour trouver des mécènes. C’était l’époque où nous ne parvenions plus à nous qualifier et où les grandes entreprises se retiraient les unes après les autres pour éviter que leur nom soit associé à des « losers ».

Cyclo-cross

« On s’est bien moqué de moi lorsque j’ai annoncé ma décision de devenir sponsor », se souvient-il. « C’était lors d’une conférence de presse. J’étais assis à côté de l’entraîneur de l’époque, René Vandereycken. Je veux revivre l’ambiance du Mexique 86 », ai-je déclaré. « La salle a éclaté de rire. Ils n’avaient pas complètement tort. Lors de mon premier match en tant que sponsor, nous avons perdu 1-4 face au Maroc. Les tribunes ne comptaient guère plus de 4 000 spectateurs, dont 3 000 Marocains. Ceux qui ne m’avaient pas encore déclaré fou ne s’en sont plus privé. Mais je savais que nous disposions d’une équipe espoirs éblouissante. Ces petits gars finiront bien par grandir un jour, me suis-je dit. Un pari calculé, en somme. »

Et un pari qui s’avéra payant. « En 2007, j’ai négocié un contrat jusqu’à la Coupe du Monde 2018. Cela me permet aujourd’hui d’être un sponsor principal au prix d’une équipe médiocre ! Je n’aurais jamais pu me permettre de sponsoriser un candidat au titre de champion d’Europe. »

Pour son entreprise, cette affaire est une bénédiction. « Je surfe sur le succès des Diables. Mes clients sont enchantés de pouvoir m’accompagner, d’autant qu’ils peuvent côtoyer les joueurs de très près. » Et dire qu’en 2007, il a hésité à investir dans le cyclo-cross plutôt que dans le football. « Comme il n’y avait heureusement aucun bon coureur wallon à l’époque, mon sponsoring ne m’aurait jamais permis d’atteindre le marché wallon et ses débouchés importants. Je me suis donc tourné vers le football. La meilleure décision de toute ma vie. »

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