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9 février 2018

Une étude le prouve: les hommes et les femmes ne se comprennent pas

Vous croyez connaître votre conjoint sur le bout des doigts ? « Détrompez-vous ! » clame une étude doctorale de l’Université de Gand, selon laquelle nous n’arriverions à cerner que vingt pour cent des pensées et des sentiments de notre partenaire. Les femmes seraient par ailleurs trop négatives. « Elles accusent leur conjoint de ne pas les écouter, alors que c’est bel et bien le cas », affirme la psychologue clinicienne Céline Hinnekens, qui a elle-même participé à l’étude.

C’est scientifiquement prouvé : les hommes et les femmes ne se comprennent pas. C’est du moins ce que laissent entendre les résultats de l’étude menée par une psychologue clinicienne de l’Université de Gand sur un échantillon de 150 couples flamands âgés de 18 à 76 ans, à qui elle a demandé de s’expliquer sur un sujet au choix pendant 12 minutes, face caméra.

Parmi les sujets les plus souvent abordés, l’argent, les tâches ménagères, l’équilibre entre travail et vie privée et l’éducation des enfants. Les couples ont ensuite regardé les enregistrements et ont essayé de cerner les pensées de leur partenaire à différents moments clés de la discussion.

Les résultats sont édifiants : les participants n’ont pu cerner les pensées et les sentiments de leur partenaire que dans 20 % des cas, alors même qu’ils avaient la conviction intime que leur conjoint n’avait aucun secret pour eux. «  À vrai dire, nous ne sommes pas vraiment surpris », explique la psychologue. « D’autres études menées à l’échelle internationale présentent des chiffres similaires. Nous avons également constaté des divergences de comportement en fonction des nationalités : alors que les Américains n’hésitent pas à se disputer ouvertement devant la caméra, les couples flamands sont beaucoup plus réservés et évitent généralement les sujets qui fâchent comme l’infidélité ou la sexualité. »

Une question d’effort

Autre constat : les femmes ne comprennent pas mieux les hommes que ces derniers ne les comprennent. Au contraire. Lors des discussions les femmes se sont montrées excessivement négatives. « Elles s’imaginent que leur partenaire est beaucoup moins à l’écoute qu’il ne l’est en réalité. » Parmi les réactions des femmes, nous retrouvons une série de grands classiques : « il ne se montre pas intéressé », « il ne m’écoute pas, « il n’essaie pas de me comprendre… »

Si hommes et femmes veulent se comprendre, il est primordial qu’ils s’en donnent d’abord les moyens. Ainsi, les jeunes couples se comprennent paradoxalement mieux que les plus expérimentés. Les septuagénaires ne sont donc pas mieux lotis que les autres, que du contraire ! « L’âge est plutôt un facteur aggravant, à l’inverse de la motivation. Après deux ans, nous faisons déjà moins d’efforts pour nous comprendre, nous tombons dans la facilité, nous nous laissons aller à des pensées automatiques de type : « Je le connais par cœur », « Je sais ce qu’il pense. »

 La compréhension mutuelle, garante d’une vie de couple heureuse

Parmi les autres conclusions de l’étude, mentionnons encore l’importance de la compréhension mutuelle pour la bonne santé du couple. Mais ce n’est pas parce que notre partenaire arrive à nous cerner que nous nous sentons nécessairement compris(e) ! « Il ne suffit pas de comprendre l’autre, nous devons aussi exploiter cette compréhension », ajoute Céline Hinnekens. « Les gestes tendres, poser de bonnes questions et faire preuve d’empathie sont beaucoup plus importants dans une relation que la compréhension en tant que telle. »

Pour pouvoir prétendre à une participation à l’étude, les couples devaient cohabiter depuis au moins un an. La palme de la compréhension mutuelle revient à ces deux conjoints qui sont parvenus à cerner les pensées de l’autre dans 45 % des cas. Céline Hinnekens et son compagnon, qui se sont aussi prêtés au jeu, n’ont pas vraiment excellé lors du test. « J’étais trop focalisée sur mes propres pensées et pas assez sur celles de mon compagnon. » a notamment admis la psychologue clinicienne.

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