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22 octobre 2015

« En octobre 2041, le cancer ne sera plus mortel »

Temps de lecture: 3 minutes

Il y a 26 ans, Doc et Marty débarquaient dans le futur, le 21 octobre 2015. En analysant les prédictions du film aujourd’hui, il nous faut bien reconnaitre qu’à de nombreux égards, Retour vers le futur 2 avait vu juste. De quoi nous faire rêver : à quoi ressemblera le 21 octobre 2041 ?

Certes, les scénaristes étaient parfois totalement à côté de la plaque : le ciel n’est pas encore peuplé de voitures volantes, et pour les baskets autolaçantes, on repassera. Mais admettons que bon nombre de prédictions du réalisateur Robert Zemeckis se sont vérifiées : nous utilisons des appareils ultrafins pour prendre des photos, nous sommes surveillés en permanence par des caméras et des drones omniprésents et les communications par Skype et FaceTime sont monnaie courante. Imaginons à présent que nous fassions un bon de 26 ans en avant. À quoi pourra bien ressembler le monde ? Ne nous emballons pas : « la moitié de la planète n’aura pas déménagé sur Mars et vu la situation actuelle, la téléportation ne devrait pas être envisageable avant au moins 2141 », ironise Herman Konings, analyste des tendances et psychologue de la consommation. « Pour ce qui est de Mars, l’homme n’est pas prêt. Celui qui pense le contraire n’a manifestement pas conscience de l’impact qu’engendrerait une telle rupture avec notre monde. Quant à la téléportation, il s’agit d’un processus tellement complexe qu’il faudra attendre plus de deux générations avant qu’on puisse transporter intégralement la matière à travers l’espace. » En revanche, d’autres évolutions spectaculaires se préparent. « Sur le plan médical, il sera possible de vivre 120, voire 160 ans. Des dispositifs d’immortalité pourront être implantés dans notre corps, mais seuls quelques privilégiés en profiteront », estime Herman Konings.

Retour vers le vélo

Plus impressionnant encore : d’ici 25 ans, les patients atteints d’Alzheimer pourront retrouver leur mémoire et le cancer ne sera plus mortel, affirme-t-il au nom d’une série d’études scientifiques. « Au cours des décennies à venir, les problèmes tels que la pénurie d’eau, le réchauffement climatique et la surpêche prendront des proportions dramatiques. Mais juste avant que la catastrophe n’ait lieu, nous serons sauvés par les avancées des sciences biologiques. Encore faudra-t-il que les responsables politiques emboîtent le pas. Mais face à un vrai cataclysme, ils n’auront pas le choix. »

Selon Gino Van Ossel, professeur de marketing de la Vlerick Business School, certaines révolutions sont déjà imminentes. « Les voitures automotrices, par exemple. Les embouteillages ne seront plus qu’un lointain souvenir, et je m’imagine sans peine une situation où toutes ces voitures seront garées en dehors de la ville et viendront nous chercher sur simple commande. Peut-être même par télépathie, qui sait… On peut penser que cela relève de la science-fiction, mais moi, j’y crois dur comme fer. »

Gino Van Ossel fait encore d’autres prédictions. Comme des imprimantes 3D permettant d’imprimer à domicile des objets aussi divers qu’une nouvelle paire de chaussures ou un saucisson à l’ail. Ou des ordinateurs capables d’établir des diagnostics médicaux sur la base de notre rythme cardiaque et d’autres paramètres. Ou encore des machines dont l’intelligence se développe à mesure qu’elles effectuent des opérations, sans qu’il soit nécessaire de préprogrammer chaque option.

Selon Herman Konings, le concept central, c’est le « phygital », mot-valise mêlant physique et digital. « Le shopping en ligne ne tuera pas les magasins, mais dans les boutiques physiques, l’expérience numérique sera d’un autre ordre. Eh non, notre potager et notre pain quotidien ne seront pas remplacés par des pilules ! D’ailleurs, une tendance se dessine déjà clairement à l’heure actuelle : nourriture bio, tricot, confection de ses propres vêtements, etc. Les gens tiennent à l’analogique et rien n’indique que la situation sera différente à l’horizon 2041. D’ici là, la génération 2.0 ne représentera toujours qu’environ 30 % de la population. »

Une idée qui fait parfaitement écho à la vision de Tom Palmaerts et d’Ellen Anthoni de l’agence de tendances Trendwolves. « Souvent, les prédictions se focalisent sur les gadgets, alors que l’essentiel est de savoir comment les gens s’adapteront à l’évolution du monde », affirme Tom Palmaerts. « On nous rebat les oreilles avec les drones de Google et d’Amazon, mais c’est tout de même le vélo qui devient le mode de transport par excellence des services de livraison en ligne ».

Et Ellen Anthoni d’ajouter : « dans les histoires de science-fiction, les réactions sociologiques et culturelles sont souvent sous-estimées ou mal évaluées. Dans les années 60, par exemple, à l’époque de la révolution domestique, on n’avait pas prévu que l’émancipation des femmes entraînerait une arrivée aussi massive de travailleurs sur le marché de l’emploi. »

« Cela ne signifie pas pour autant qu’il nous faut oublier nos rêves technologiques les plus fous. Car s’il ne fallait retenir qu’un seul enseignement de Retour vers le futur, ce serait que les rêves peuvent inspirer la réalité. Sans Retour vers le futur, Lexus n’aurait probablement jamais fabriqué d’hoverboard. »

Article de Ann Van den Broek pour De Morgen

Traduit du néerlandais par Sebastien Cano

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