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PS et Open VLD : vers une lutte acharnée sur le socio-économique ?

(cc) Skitterphoto via Pixabay

29 janvier 2021

PS et Open VLD : vers une lutte acharnée sur le socio-économique ?

Temps de lecture: 2 minutes
Bart Haeck
Auteur
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Le conflit entre le PS et l’Open VLD à propos des salaires annonce une bataille encore plus tendue à propos du cap socio-économique que prendra le gouvernement fédéral une fois la crise sanitaire apaisée.

Faut-il augmenter les salaires de tous les travailleurs, et donc faire grimper les coûts des entreprises ? L’État doit-il rester propriétaire d’Ethias, l’assureur qu’il a sauvé du naufrage lors de la crise financière ? Cela fait longtemps que ce genre de questions ne constituent plus une priorité politique, tant le coronavirus occupe les esprits depuis près d’un an maintenant.

Les anciens combats réapparaissent

Le coronavirus a confié une mission inédite aux responsables politiques, a déclaré le premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) cette semaine lors de l’édition virtuelle du Forum économique mondial : motiver un pays entier à lutter contre un ennemi commun. Et persuader tout le monde que tout acte individuel dans le cadre de cette lutte contre le virus entraîne des répercussions sur notre propre santé, mais aussi sur celle des autres.

Depuis les quelques mois qui ont succédé à son installation au gouvernement, le Parti socialiste s’est comporté comme il se doit face à ces nouvelles circonstances. Il a laissé le premier ministre et le ministre de la Santé au fédéral et leurs homologues dans les entités fédérées se charger de la communication. Mais aujourd’hui, petit à petit, alors que nous commençons à entrapercevoir une petite étincelle au bout du tunnel, les anciens combats semblent à nouveau retenir leur attention.

Modification de la loi sur les salaires

Mercredi, en apprenant certaines candidatures se faisaient pressentir pour reprendre Ethias, le PS a immédiatement fermé la porte à toute revente du groupe. Point plus sensible encore, car il s’agit ici de pouvoir d’achat et d’emplois : le plaidoyer du secrétaire d’État Thomas Dermine (PS) en faveur d’une modification de la loi sur les salaires afin que les salariés puissent bénéficier d’une augmentation. Cette fois-ci, c’est le président de l’Open VLD, Egbert Lachaert, qui a immédiatement fermé la porte parce que cette proposition ne figure pas dans l’accord de gouvernement, mais aussi parce que cette augmentation risque de toucher durement les entreprises déjà en proie à une vague de faillites sans précédent. En d’autres termes, l’augmentation des uns entraînerait, dans les circonstances actuelles, le licenciement des autres.

2021 : année de réformes socio-économiques

Voilà qui annonce une lutte politique acharnée. On dit des réformes qu’elles plaisent à tout le monde, sauf à ceux qui se rendent compte qu’ils vont devoir changer eux-mêmes. Par ailleurs, la logique politique veut que les réformes soient lancées au début d’une législature, de manière à ce que les fruits mûrissent ou soient prêts à être cueillis avant les prochaines élections.

Cette logique fait que 2021 ne sera pas uniquement l’année de reconquête de la liberté, mais aussi celle où le gouvernement devra garder le pays sur les rails en matière socio-économique. Le projet de mettre au travail 80 pour cent des 20-64 ans pour que les pensions restent finançables tiendra-t-il la route ? Qu’adviendra-t-il des réformes que ce gouvernement dit examiner en la matière ? Comment gravira-t-il la voie escarpée du rétablissement budgétaire après le choc du coronavirus ?

La lutte contre l’épidémie constitue à coup sûr le défi le plus important de ce gouvernement, tant sur le plan de la santé que sur le plan économique, et elle est loin d’être terminée. Mais à l’horizon, nous voyons poindre un autre enjeu : quel bilan socio-économique l’Open VLD, le PS et tous les autres partis du gouvernement pourront-ils présenter à l’électeur en 2024 ?

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