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Economies chez De Lijn : si la société des transports manque d’usagers, c’est de sa propre faute
27·02·26

Economies chez De Lijn : si la société des transports manque d’usagers, c’est de sa propre faute

Inge Ghijs est journaliste pour le quotidien De Standaard.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

© Jimmy Kets

Auteur⸱e
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Les bus presque vides ? On les supprime. Telle est la volonté de la ministre de la Mobilité Annick De Ridder (N-VA). À première vue, rien d’illogique, mais la question est plus complexe qu’elle n’en a l’air. Le manque d’usagers a souvent été créé par De Lijn même. Depuis 2009 déjà, la société de transports en commun procède à des économies. Des lignes de trams et de bus sont supprimées, et certains arrêts sont moins desservis.

Moins un bus ou un tram passe, moins les gens vont choisir de le prendre. Et plus il y a de risques que De Lijn, en réaction, continue à diminuer la fréquence de la ligne. C’est un cercle vicieux.
Toute mesure d’économie a sa limite, et lorsqu’elle est atteinte, quelque chose cesse d’exister. C’est ce qui explique les protestations d’un si grand nombre de bourgmestres. Dans les coins les plus reculés de la Flandre surtout, on craint de ne plus être accessible.

Lorsque la ministre De Ridder prétend que seulement 0,2 pour cent des usagers seront touchés par les économies, ses paroles ne résistent pas à l’épreuve de la réalité. Certains bus qu’il est prévu de supprimer sont généralement bondés. Pour beaucoup, le bus n’est pas un luxe, mais une nécessité sociale. Parmi les bus condamnés à disparaître, certains relient des hôpitaux, des écoles, des maisons de retraite ou des cités de logements sociaux aux centres-villes.

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Bien sûr, il faut éviter de perdre de l’argent, mais considérer que la seule solution consiste à faire des économies, c’est manquer de vision, d’intelligence et de créativité. C’est à se demander si l’objectif n’est pas d’isoler encore plus les communes les plus éloignées et d’accélérer l’exode rural, qui met déjà suffisamment sous pression la qualité de vie en ville comme à la campagne. Autant dire qu’en ville, les prix de l’immobilier ne sont pas prêts d’arrêter de flamber.

Et où est restée l’ambition du shift modal ? Si De Lijn veut encourager les gens à prendre davantage le bus et le tram, et donc encaisser davantage de revenus, il faut justement augmenter les fréquences. Et veiller enfin à fluidifier le trafic : actuellement, les feux sont verts lorsque le tram n’y est pas, et rouges quand il approche.

Rarement des mesures d’économies ont réuni une telle unanimité contre elles : les critiques fusent tant dans l’opposition que dans la majorité, y compris au sein du parti de la ministre. Qui serait bien inspirée de revoir ses plans.

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