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Courtoisie de la page Facebook de Patrick Dewael

5 avril 2016

Dewael, le président idéal de la commission 22/03

Temps de lecture: 3 minutes

Ne le dites à personne, mais la présidence de la commission d’enquête sur les attentats du 22 mars sera assurée par l’Open VLD Patrick Dewael. Même l’opposition n’y trouve rien à redire. Il faut dire que Dewael a tout pour plaire : expérience, savoir, caractère, mais aussi un coup de pouce du destin.

Officiellement, rien n’a encore été décidé. Il n’y a même encore eu aucune discussion sur la présidence de la commission d’enquête qui sera chargée d’expliquer comment deux bombes ont pu exploser à l’aéroport de Zaventem et une dans une rame de métro à Maelbeek. Officieusement par contre, Patrick Dewael, chef de groupe Open VLD à la Chambre, est déjà dans les starting-blocks.

C’est le résultat d’un tour de passe-passe de la majorité, aidée par le destin. En effet, en vertu du système D’Hondt, une clé de répartition arithmétique utilisée pour attribuer les sièges parlementaires et désigner les présidents de commissions, c’est maintenant au tour de l’Open VLD de fournir un président. La majorité, en petit comité, a donc évidemment décidé qu’il fallait appliquer le système D’Hondt.

Mauvaise publicité

L’opposition, qui n’a pas eu voix au chapitre dans cette prise de décision, a exprimé un léger mécontentement. Pour Meryame Kitir, cheffe de groupe sp.a, « c’est une occasion manquée pour la majorité. Si elle avait voulu jouer la carte de la transparence totale, elle aurait désigné un membre de l’opposition. »

Un avis partagé par Groen, même si l’opposition préfère éviter les conflits : « On a suffisamment fait de mauvaise publicité au monde politique ces dernières semaines, explique Kristof Calvo. De surcroît, la présidence d’une commission n’est pas le plus important. Ce qui importe vraiment, c’est la rapidité et la minutie de l’enquête. Prenons exemple sur les Pays-Bas, où le ministre de la Sécurité et de la Justice doit actuellement rendre des comptes pour la deuxième fois devant une commission. Il est grand temps de nous y mettre aussi. »

À part cela, pas d’objections donc. Si l’opposition reproche à la majorité de vouloir garder la mainmise sur le travail parlementaire, elle ne trouve rien à dire contre Patrick Dewael. En revanche, ce que personne ne veut, c’est d’un président inexpérimenté.

« Dans ce cas-ci, nous ne pouvons pas nous permettre de nommer un néophyte, » explique un membre de la majorité qui, si on lit entre les lignes, reproche à Koen Metsu (N-VA), qui préside la commission Terrorisme, son manque total d’expérience. Pour une telle enquête, dont le monde entier analysera la moindre étape à la loupe, l’expérience d’un ancien combattant n’est pas un luxe.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que de l’expérience, Dewael en a à revendre. En son temps, il avait siégé dans la tristement célèbre commission Dutroux. En tant qu’ancien président de la Chambre et juriste, il connaît sur le bout des doigts les moindres détails du règlement de la Chambre et de la Constitution. En tant qu’ancien ministre de l’Intérieur, il est expert en matière de sécurité. Et en tant qu’ancien président de la Chambre et ancien Ministre-président flamand, il est capable de s’élever au-dessus des intérêts partisans.

Dewael le conciliateur

C’est un membre de l’opposition qui l’affirme en toute sincérité : « Dewael est effectivement un conciliateur. Sa capacité d’écoute est excellente, il sait créer des liens et a assez souvent démontré qu’il n’hésitait pas donner à l’opposition toutes ses chances. »

Le politologue Carl Devos (Université de Gand) voit d’autres avantages à une telle nomination : « Dewael est à même d’obtenir la confiance de tous. De la majorité, du gouvernement, mais aussi de l’opposition. Il ose adopter des positions indépendantes au sein de la majorité et renforce régulièrement le Parlement, ce qui lui donne toute la crédibilité nécessaire à la présidence d’une commission aussi importante. »

Ce poste semble taillé sur mesure pour le député Open VLD. Cependant, le Parlement ne manque pas de candidats potentiels, et pas seulement dans les rangs de l’opposition. « Malheureusement, on ne peut pas accepter de candidat N-VA ou CD&V, vu que les ministres de l’Intérieur et de la Justice sont issus de ces deux partis, soupire un aspirant-président. C’est dommage, car ce poste, j’en rêve. »

Carl Devos, lui, l’affirme sans la moindre hésitation : « Franchement ? Je ne peux pas imaginer de meilleur candidat. Dewael a tout pour lui. Et il assurera probablement la mission avec grand plaisir. »

Et Devos a certainement raison, car tout ce qui manque au CV déjà bien garni du Limbourgeois, c’est la présidence d’une commission d’enquête vouée à entrer dans l’histoire.

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