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Vlaamsparlement.tv : le retour de la télévision d’Etat

Photo by PJ Gal-Szabo on Unsplash

11 mars 2021

Vlaamsparlement.tv : le retour de la télévision d’Etat

Temps de lecture: 2 minutes

La carbonnade flamande aux pruneaux ? Mais non, il n’en est pas question ! Voyons, s’offusque Liesbeth Homans, présidente du parlement flamand, il n’a jamais été question de programmer une émission culinaire sur vlaamsparlement.tv ! Elle l’affirme : c’est une « fake news » ! Pas très rassurant. Car si le parlement flamand veut faire de la ‘gastronomie’, mais qu’il ne s’agit pas d’un programme culinaire, que devons-nous croire ? Qu’il compte désormais aller au restaurant à nos frais ?

450.000 à 700.000 euros

Vous est-il déjà arrivé, en zappant, de tomber sur la chaîne parlementaire vlaamsparlement.tv ? Vous aurez constaté que la démocratie est rarement palpitante. C’est d’ailleurs l’avis du service communication du parlement flamand, qui propose d’en augmenter le budget, de 450.000 à 700.000 euros, afin d’en faire une véritable « chaîne publique ». Ce serait apparemment l’occasion de faire place à des programmes consacrés à la critique littéraire, à l’histoire de la Flandre, à des reportages sur nos parlementaires, la culture, le tourisme et – n’oublions pas – la gastronomie.

Pas tant imiter la VRT, mais plutôt son prédécesseur, la BRT

Corrigez-moi si je me trompe, mais je croyais qu’un tel émetteur existait déjà, chargé par le parlement flamand d’effectuer exactement ces mêmes missions pour un budget de 265 millions d’euros par an. Le parlement flamand estimerait-il que la VRT, chaîne de télévision publique, n’exécute pas à la lettre les termes de son contrat de gestion ? Cela étant, si on lit bien le projet du parlement flamand, ce qu’ils veulent faire ce n’est pas tant imiter la VRT, mais plutôt son prédécesseur, la BRT. Les fameuses « émissions d’organismes tiers » y trouveraient également une place : vous savez, ces émissions très coincées, façon télévision du bloc de l’Est, bricolées par les partis politiques eux-mêmes, et qui passaient sur la chaîne publique en prime time. La note de projet nous apprend qu’il y aura aussi de la place le « canon flamand » – ce qui signerait le grand retour de la télévision scolaire. Tout revient, et même ce dont nous étions si contents d’être débarrassés.

Un parlement qui organise sa propre chaîne télévisée, ça vous a des relents chinois, cubains, vénézuéliens, voire coréens du Nord.

La transparence est une bonne chose. Tout comme la possibilité, désormais offerte dans de nombreuses communes, de suivre en ligne les débats du conseil communal. Mais seul un « machin » comme le parlement flamand semble avoir besoin pour cela d’une chaîne de télévision. Dans le monde normal, un bon site web suffirait amplement. Un parlement qui organise sa propre chaîne télévisée, ça vous a des relents chinois, cubains, vénézuéliens, voire coréens du Nord. Ça montre que l’échelon politique flamand continue de se voir comme un parvenu politique, une ombre dans l’ombre d’un niveau fédéral perçu comme beaucoup plus idéologique et passionnant.

Le parlement flamand est un niveau de pouvoir trop technique et trop local dans ses débats, ce qui lui donne par moments des airs de parlement de schtroumpfs. Si les débats sont à ce point inintéressants qu’il faut les rhabiller d’une chaîne télé complète, peut-être le moment est-il venu d’agir ? De recadrer la fonction des commissions, voire de l’hémicycle lui-même, de resserrer le débat et d’interpeller les ministres sur « ce » qu’ils font, plutôt que sur « comment » ils le font.

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