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Budget flamand : des coupes draconiennes que les citoyens vont ressentir
15·09·26

Budget flamand : des coupes draconiennes que les citoyens vont ressentir

Temps de lecture : 4 minutes Crédit photo :

Belga Image

Auteur⸱e
Traducteur Fabrice Claes

Cette semaine, les ministres du gouvernement flamand vont sérieusement entamer le plus grand train d’économies jamais réalisé. Si les efforts envisagés n’ont rien de comparable à ceux du fédéral, leurs effets se répercuteront néanmoins sur le quotidien des Flamands.

C’est en toute connaissance de cause que les partis de la majorité se sont accordés sur la recherche de l’équilibre budgétaire, un totem de la N-VA. Si l’exercice est mené à bien, le gouvernement flamand sera le seul du pays à présenter des comptes en ordre. Pour les autres exécutifs, notamment l’équipe fédérale du Premier ministre De Wever, l’équilibre demeurera tout au plus un rêve lointain.

La N-VA entend démontrer par là que la Flandre est bien gérée et que les générations futures seront préservées. Cependant, pour atteindre l’équilibre budgétaire, il va falloir opérer des coupes draconiennes dans le budget. Le milliard et demi à trouver cette année avait déjà donné bien du fil à retordre, et aujourd’hui, la barre est encore plus haute. Ben Weyts (N-VA), ministre du Budget, a évoqué, le week-end dernier, la somme de 2 milliards à trouver pour atteindre l’équilibre en 2027. Mais ce n’est pas tout, car le ministre veut aussi éviter d’atterrir dans le rouge les années qui suivent, ce qui nécessite encore un milliard supplémentaire. Cela fait beaucoup.

Les titres-services plus chers

C’est, jusqu’à présent, l’une des rares propositions vraiment concrètes : Matthias Diependaele (N-VA), ministre-président, a émis la suggestion lui-même, et Ben Weyts s’est montré intéressé. Même si le gouvernement flamand a fait monter le prix du titre-service à 10 euros l’année passée, même s’il a mis fin à la déductibilité fiscale, et même s’il va falloir y ajouter des indexations dans les années à venir. Mais avec un budget de 1,7 milliard d’euros, l’enveloppe est trop belle pour ne pas l’ouvrir. Le CD&V ne se montre pas particulièrement enthousiaste, mais il ne pose pas son veto pour autant.

Titres-services: l’euro supplémentaire promis aux aides-ménagères reste un mirage

Domiva, la fédération des entreprises de titres-services, met le politique en garde face aux effets d’une nouvelle augmentation : « En 2025, le coût horaire d’une aide ménagère a augmenté de 2,80 euros. Par voie de conséquence, 23 000 familles ont abandonné le système, qui a connu une chute de 2 millions de titres-services », prévient Steve Vandenberghe, président de Domiva.

Suppression des subsides

La Flandre a la réputation d’aimer ouvrir le robinet à subsides. Pour tout le monde. L’année passée, l’enveloppe consacrée aux subsides s’est déjà allégée de 300 millions d’euros, mais si une mesure fait bien l’unanimité, c’est celle-ci. Reste à savoir toutefois où le robinet se fermera. Vooruit et le CD&V lorgnent surtout en direction des aides (à l’énergie) dont bénéficient les multinationales, mais la N-VA ne l’entend pas de cette oreille. Hilde Crevits, une des ténors du CD&V, souhaite aussi réclamer les subsides touchés par les starters qui rencontrent le succès par la suite. Ce qui est certain, c’est que bientôt, des entreprises, des institutions, des ASBL ou des particuliers devront se passer des aides de la Flandre.

Distribution des subsides flamands : favoritisme ou pratique légale?

Le gouvernement revient sur ses promesses

À son entrée en exercice, le gouvernement flamand avait défini plusieurs projets et promis des moyens supplémentaires. Par exemple, le secteur du bien-être allait recevoir 1 milliard d’euros supplémentaires. L’enseignement allait aussi se voir refinancé. Et Ben Weyts avait prévu un chèque de 350 millions d’euros pour faire baisser les droits de succession.

Maintenant que la situation économique se détériore, que les taux d’intérêt ont dépassé la barre des 4 pour cent et que l’inflation persiste, l’exécutif n’a plus les mêmes cartes en main. Il est donc tentant de chercher à épargner sur ce plan-là. « Évidemment, il est plus aisé de ne pas dépenser de l’argent qui n’a pas encore été dépensé que de reprendre aux gens quelque chose qu’on leur a déjà donné », explique-t-on à la tête du gouvernement. Mais tout le monde ne tient pas ce raisonnement : « Nous devons aussi proposer des perspectives à la population. Si nous ne semons rien aujourd’hui, nous ne récolterons rien plus tard », a répété Ben Weyts ce week-end sur la VRT et sur VTM.

Pas de sacrifice sans autosacrifice

Quand on demande aux autres de fournir des efforts, il faut aussi en faire soi-même. Et donc, les autorités publiques ont aussi des économies à réaliser. Ne pas remplacer tous les fonctionnaires qui s’en vont ou partent à la retraite, comme c’est déjà le cas cette année-ci. L’IA peut exécuter certaines tâches, et donc aussi remplacer certaines fonctions, ce qui diminue les besoins en personnel. Les budgets de communication et ceux liés à la production de podcasts et d’applications vont aussi très probablement disparaître.

Le gouvernement flamand à la recherche de 1,5 milliard d’euros

« Si tout le monde commence à poser des veto, on ne s’en sortira pas. » Cette petite phrase revient chez tout le monde, comme une rengaine. Et pourtant, certaines excellences parviennent encore à tracer des lignes rouges. Ainsi, Zuhal Demir (N-VA), la ministre de l’Enseignement, dit avoir les poches cousues. Matthias Diependaele, ministre-président, refuse d’économiser aux dépens de l’innovation, de l’école, des crèches et des infrastructures. Hilde Crevits, pour sa part, s’oppose à toute coupe dans le secteur de l’aide aux aînés. Mais il pourrait s’agir de manœuvres tactiques.

En effet, le gouvernement doit conclure un accord pour le 28 septembre. C’est à cette date que le Parlement flamand débattra de la Déclaration de septembre. Afin que ce délai soit respecté, deux réunions du cabinet restreint sont prévues cette semaine-ci. D’autres devraient avoir lieu au cours des deux week-ends restants.

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