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(ATV)

29 septembre 2016

Une académie anversoise vous apprend à désarmer un terroriste

Temps de lecture: 2 minutes

La Counter Terror Academy ouvrira ses portes fin octobre à Anvers. Objectif : apprendre aux citoyens à faire face à la terreur au sens large. « Si je peux éviter d’être abattu et désarmer mon assaillant, je ne dois pas hésiter une seconde », explique Luc Van Laere, instigateur de l’initiative.

Selon ses fondateurs, la Counter Terror Academy n’est pas un simple cours d’autodéfense. « Ces cours sont essentiellement basés sur l’apprentissage de prises et de techniques de défense physique. À l’Academy, nous abordons les choses de façon plus large, en apprenant aux participants à se mettre à l’abri, à désarmer quelqu’un ou à secourir une personne touchée par balle », poursuit Luc Van Laere.

L’aspect du désarmement est sans doute l’élément le plus original du programme. Des mitrailleuses AKA en caoutchouc sont utilisées dans le cours. « Si je peux éviter d’être abattu et désarmer mon assaillant, je ne dois pas hésiter une seconde », explique Luc Van Laere. Mais si vous n’y connaissez rien, vous n’avez aucune chance de vous en tirer. « Indépendamment de la vitesse à laquelle l’assaillant peut appuyer sur la gâchette, la victime doit aussi pouvoir profiter de toute hésitation pour intervenir. »

Un cours d’une journée coûte 175 euros. Des cours vont également être organisés pour les professionnels, tel qu’un cours anti-enlèvement, qui coûte 4 900 euros. « Ce cours s’adresse aux personnes qui doivent se rendre pour leur travail dans un pays comme l’Afrique du Sud », précise Van Laere. « Dans cette formation, les participants sont réellement enlevés par des individus armés. »

Rien à voir avec Rambo

Les formateurs, une équipe de huit personnes, sont d’anciens militaires, d’anciens policiers, des médecins urgentistes et des psychologues. « Nous proposons donc un encadrement très large », explique Van Laere. « Nous voulons aussi faire prendre conscience aux gens qu’ils ne doivent pas se laisser effrayer par ce qu’ils voient à la télévision et dans les journaux. »

Dans ce cas, le nom de l’académie n’est peut-être pas très heureux, car n’a-t-il pas tendance à effrayer ces personnes ? « Nous avons bien réfléchi avant d’opter pour ce nom, qui reflète bien le contenu du cours. Il ne s’agit pas de réagir face au terroriste équipé d’une ceinture d’explosifs, que l’on croiserait sur son chemin si on a beaucoup de malchance, mais de réagir face à la terreur qui peut sévir dans la rue. En cas de hold-up, on peut aussi avoir affaire à la violence. Nous n’apprenons certainement pas aux gens à se comporter en Rambo », poursuit Van Laere.

« Attention lorsque vous désarmez ! », prévient la police

Sven Lommaert de la police Anvers n’a rien contre les cours où les gens apprennent à se défendre ou à se trouver un abri sûr. L’aspect du désarmement, en revanche, suscite quelques questions. « Même en suivant un cours, il n’est pas évident de désarmer quelqu’un. Nos agents s’entraînent en permanence, et même ainsi, ils ne sont jamais sûrs de réussir. Dans un film, on peut voir une personne ordinaire désarmer quelqu’un, mais la réalité est toute autre. »

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