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Eau, énergie, budget : le gouvernement flamand trouve enfin un accord
06·05·26

Eau, énergie, budget : le gouvernement flamand trouve enfin un accord

Temps de lecture : 4 minutes Crédit photo :

© Belga Image

Auteur⸱e
Guilhem Lejeune
Traducteur Guilhem Lejeune

Au terme de longues heures de réunion, le gouvernement flamand est enfin parvenu à un accord concernant les mesures de soutien face à la hausse des prix de l’énergie, le contrôle budgétaire et une solution au problème d’eau potable que connaît la Flandre-Occidentale. L’équipe de Matthias Diependaele aura donc évité la crise.

Le conseil des ministres du gouvernement flamand s’est réuni, lundi, pour la quatrième fois déjà, afin de tenter de s’accorder sur une série de dossiers importants. Les trois partis de la coalition — la N-VA, Vooruit et le CD&V — se tiennent à la gorge depuis des semaines, au point que, même dans l’équipe du ministre-président, Matthias Diependaele, l’on exprime ouvertement des doutes quant à la cohésion et à la capacité d’action de celle-ci. Nul besoin d’opposition quand elle s’organise au sein même de la majorité. Les luttes intestines sont d’ailleurs monnaie courante non seulement dans le gouvernement, mais aussi au Parlement flamand.

Un coup d’accélérateur

Lundi, les choses ont pourtant fini par se débloquer. La réunion ne devait initialement durer que jusqu’à 17 heures, mais les principaux ministres ont décidé de donner un coup d’accélérateur : plus question de se séparer une fois de plus sans un accord. C’est ainsi que, vers 22 heures, de la fumée blanche s’est finalement élevée au-dessus de la place des Martyrs, siège du gouvernement. L’accord concerne le contrôle budgétaire, le plan eau potable du ministre flamand de l’Environnement, Jo Brouns (CD&V), et un train de mesures concernant les prix de l’énergie que Vooruit réclamait instamment.

S’agissant de l’eau potable, la question centrale est celle des eaux de surface en Flandre-Occidentale. Leur concentration en pesticides et en fongicides, notamment en triazoles, est trop élevée par rapport aux normes européennes — un problème pour l’alimentation en eau potable de la province. Jo Brouns avait déjà présenté aux autorités européennes une demande de dérogation à cette norme. Il souhaite à présent la renouveler afin que la Flandre autorise dans ses eaux, pour trois ans de plus, une teneur accrue en triazoles. Si le ministre et les experts affirment que cette hausse temporaire — la norme doit être portée de 0,1 à 1 microgramme par litre d’eau — ne présente aucun danger pour la santé publique, Vooruit exige cependant, depuis quelques semaines, des mesures complémentaires.

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Vers une interdiction totale

Elles sont en passe d’être appliquées. Il s’agit notamment de la mise en place de zones tampons le long des cours d’eau dans les zones sensibles, où les agriculteurs ne pourront plus utiliser de pesticides. La compagnie des eaux De Watergroep bénéficiera ainsi d’une enveloppe supplémentaire de 21 millions d’euros afin d’améliorer les procédés d’épuration. Ces mesures doivent permettre de ramener les taux de polluants dans les limites imposées par l’Europe d’ici à trois ans.

Les discussions ont aussi porté sur l’acide trifluoroacétique (TFA), un des nombreux PFAS très répandus en Flandre. Contrairement aux triazoles, il ne peut pas être éliminé de l’eau. D’où la décision du gouvernement de supprimer progressivement, d’ici à 2028, les pesticides contenant du TFA — en tout cas ceux qui peuvent être remplacés. Cette interdiction frappera également une série d’autres PFAS par la suite et, d’après des sources au sein du gouvernement, sera généralisée à l’horizon 2036, l’objectif étant d’élaborer une seule norme uniforme applicable à ces nombreuses substances.

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Sur le volet budgétaire, le conseil des ministres est également parvenu à un consensus. Pour faciliter la présentation d’une proposition à l’équilibre l’année prochaine, le ministre flamand du Budget, Ben Weyts (N-VA), souhaitait prendre un certain nombre de mesures dès le stade de l’ajustement budgétaire. Il a ainsi été décidé que, dorénavant, seul un fonctionnaire sur trois quittant la fonction publique ou partant à la retraite serait remplacé. Le gouvernement s’apprête aussi à acquitter des créances à hauteur de 100 millions d’euros, entre autres pour la liaison Oosterweel et le réseau d’égouttage. Quant au problème des 45 millions d’euros destinés aux soins pour les personnes âgées — c’était une pomme de discorde entre la N-VA et Vooruit —, ce n’en est plus un : la facture sera tout simplement réglée.

C’est sur l’énergie que l’accord a mis le plus de temps à aboutir. Il faut dire que Matthias Diependaele et son ministre de l’Énergie, Hans Bonte, se livraient à un bras de fer depuis des semaines. D’un côté, le socialiste ne cessait d’insister sur la nécessité de mettre en place des mesures de soutien pour compenser la hausse des prix, à l’image du gouvernement fédéral, qui prévoit de débloquer 80 millions d’euros, principalement pour les travailleurs qui font la navette en voiture à leurs frais et pour les plus démunis qui se chauffent au gaz ou au mazout. Mais de l’autre côté, la N-VA ne voyait pas vraiment pourquoi la Flandre devrait mettre la main à la poche, les nationalistes flamands estimant qu’elle n’a pas vraiment prise sur la situation. Seules des mesures durables ne représentant aucun coût pouvaient donc trouver grâce à leurs yeux.

Des solutions durables et peu coûteuses

Hans Bonte a alors proposé un projet très peu coûteux dont la principale mesure consiste à élargir le champ des bénéficiaires des prêts à taux zéro, qui peuvent notamment servir à financer des rénovations ou l’achat d’une pompe à chaleur. Ce dispositif est actuellement réservé aux catégories de revenus les plus modestes, mais les socialistes veulent l’étendre à la tranche immédiatement supérieure.

De plus, les scans énergétiques (la visite d’experts qui dispensent des conseils permettant de faire des économies d’énergie), auxquels ne peuvent, pour l’heure, recourir que les revenus les plus faibles, devraient aussi devenir accessibles aux locataires sociaux. Une troisième mesure était également au menu des discussions de lundi, mais on ignorait, au moment de la rédaction de ces lignes, si elle avait été acceptée : interdire l’indexation des loyers des passoires thermiques. Son entrée en vigueur ne devait normalement avoir lieu qu’en 2028, mais Vooruit souhaitait l’avancer de deux ans — ce que la N-VA n’était pas prête à accepter.

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