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Bart De Wever agit davantage en président de parti qu’en Premier ministre
17·09·25

Bart De Wever agit davantage en président de parti qu’en Premier ministre

Temps de lecture : 3 minutes

Ces dernières semaines, Bart De Wever s’est surtout illustré dans un registre qui rappelle davantage celui d’un président de parti que d’un chef de gouvernement. Une posture qui commence à agacer ses partenaires de coalition.

C’est un week-end bien rempli qu’a vécu Bart De Wever – et cette fois, ce n’était pas à cause de négociations laborieuses menées jusqu’au petit matin. Samedi, le Premier ministre s’est rendu à Essen, en Allemagne, afin d’afficher son soutien à Lahav Shani, le chef d’orchestre israélien évincé du Gent Festival van Vlaanderen. Le lendemain matin, il faisait figure de « special guest » à la Journée des familles du MR à Walibi (Wavre), l’occasion de resserrer les liens avec les libéraux francophones. Et l’après-midi, il regagnait Anvers pour participer à un colloque contre l’antisémitisme organisé par le Centre d’information et de documentation juif (JID).

« Ces derniers temps, il agit davantage en président de parti qu’en Premier ministre », relève un partenaire de coalition. Officiellement pourtant, De Wever s’exprimait à Essen et à Walibi en tant que chef du gouvernement. Dans la presse allemande, il a d’ailleurs été présenté comme « le Premier ministre belge s’engageant contre l’antisémitisme ». Le chancelier Friedrich Merz lui a même adressé ses remerciements.

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Mais dans les deux cas, De Wever a semblé davantage agir en président de la N-VA, poste qu’il a occupé pendant vingt ans. Et en se rendant en Allemagne, il a semblé vouloir donner le la à sa propre formation, qui peinait à chanter à l’unisson : ce n’est qu’après cette escapade culturelle que Christoph D’Haese (N-VA) s’est opposé à la décision du conseil d’administration du Festival de Gand, dont il est lui-même membre.

Mise en scène politique

On notera que ce déplacement du Premier ministre n’a pas non plus bénéficié du soutien des autres présidents de parti de l’Arizona. Sammy Mahdi (CD&V) a rapidement dénoncé un « mauvais signal ». Quant à Conner Rousseau (Vooruit), il n’a pas mâché ses mots, évoquant une mise en scène politique : « Le Premier ministre peut-il arrêter son cinéma ? Tous les efforts devraient porter sur le budget et la manière de le redresser. C’est ce que les citoyens attendent de lui. »

En début de législature, De Wever avait lui-même plaidé pour que les présidents de parti ayant négocié l’accord de coalition rejoignent le gouvernement – ce que lui et Maxime Prévot (Les Engagés) avaient fait. Il est donc d’autant plus interpellant de le voir, lui, réendosser aujourd’hui son costume de président.

Ce fut déjà le cas début août, lorsqu’il fut invité à Amsterdam par l’hebdomadaire Elsevier pour prononcer la prestigieuse conférence H.J. Schoo, qui marque l’ouverture de l’année parlementaire aux Pays-Bas. Il y a plaidé pour une réforme de la politique migratoire européenne calquée sur le modèle australien – une proposition loin de faire l’unanimité dans la majorité et tirée tout droit du programme de la N-VA. Il y a aussi déclaré, une fois encore, que « la plus grande catastrophe jamais survenue dans nos contrées restait selon lui la scission des Pays-Bas qui avait fait suite à la guerre de Quatre-Vingts Ans ». Difficile de ne pas y voir de teneur idéologique.

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Maximus

Des propos qui, sans surprise, ont suscité l’ire du PS. Lundi, dans L’Avenir, le chef de groupe socialiste Pierre-Yves Dermagne a estimé que « Bart De Wever n’est pas le Premier ministre de tous les Belges », pointant notamment ses choix symboliques et ses apparitions médiatiques : refus de chanter la Brabançonne le 21 juillet, nostalgie affichée d’un rattachement à la Hollande, priorité donnée à l’inauguration d’une école privée pour enfants surdoués aux Pays-Bas plutôt qu’à une commission parlementaire sur Gaza. « Ces choix trahissent un agenda nationaliste », a cinglé l’élu de la gauche.

Autre grief relevé par le PS : la communication jugée déplacée autour du compte Instagram du chat officiel du 16 rue de la Loi, Maximus. Dans un message humoristique, le QG du PS y est présenté comme « un recoin sombre » à éviter. « Si l’un de ses prédécesseurs avait osé ça, la N-VA aurait réclamé sa démission », assure Dermagne. « Imaginez Alexander De Croo, Sophie Wilmès, Charles Michel ou Elio Di Rupo publier le même message en visant la N-VA ! Les réactions auraient fusé. Mais Bart De Wever, lui, semble tout pouvoir se permettre, dans une bienveillance généralisée. »

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