Samusocial : 50 nuances de rouge, mais pas celui de la honte

9 juin 2017 | Auteur : | Traducteur : Fabrice Claes | Temps de lecture : 1 minute

Cet éditorial a été publié jeudi par Het Nieuwsblad, avant la démission d’Yvan Mayeur (PS) de son poste de bourgmestre de Bruxelles, suite au scandale des montants qu’il aurait perçus comme membre du bureau du Samusocial. 

Même un âne ne bute pas deux fois sur la même pierre. Et quand bien même le PS serait un âne, son rythme d’apprentissage s’avérerait particulièrement lent. Des parvenus qui ne pensent qu’à leur petite personne, on en voyait déjà il y a plus de dix ans. Ils ont alors été flanqués à la porte, à grands renforts de communication. Une décision qui n’a manifestement pas porté ses fruits, comme en témoigne l’affaire Publifin. Et celle du Samusocial.

Au sommet du parti, les principaux acteurs du PS répètent à nouveau leurs scènes d’indignation. On exige toute la transparence. Une enquête. On veut tout savoir, jusqu’au moindre détail. Il faut toutes les informations sur tout ce qui s’est passé. Peu importe le temps que cela prendra, il faut tout fouiller en profondeur. Et tant qu’on ne sait pas tout, le PS peut s’abstenir de tout commentaire, histoire de ne pas juger qui que ce soit trop hâtivement bien sûr.

De combien d’informations le PS a-t-il besoin pour juger ses propres mandataires ? Personne ne demande au bourgmestre Yvan Mayeur ni à la présidente du CPAS Pascale Peraïta de faire de la philanthropie. En effet, cela leur serait sans doute impossible, étant donné le temps que prennent leurs mandats bien rémunérés. Mais entre la philanthropie et un bonus de 1400 euros par mois, il y a un pas de plusieurs centaines d’euros que la décence ne permet pas de franchir. Pas besoin d’être socialiste pour le savoir.

Le plus délirant dans cette histoire, c’est que ces bonus se gagnent sur le dos d’une asbl qui s’occupe de sans-abris. Et que la présidente du PS bruxellois, Laurette Onkelinx, exige la transparence publique tandis que le cabinet d’avocats de son mari tente de contrecarrer l’enquête. Même le plus acharné des adversaires du PS n’oserait imaginer pareil scénario. L’impudence n’a plus de limite.

Le PS n’apprend pas de ses erreurs. Capacité de remise en question : zéro. Conscience éthique de nombreux pontes du parti : inférieure à zéro. Et le reste se terre dans le silence. Plus arrogant que Mayeur, on ne trouve pas, mais le parti n’arrive pas à s’en distancier. Et s’il le faisait maintenant, ce serait trop tard et insuffisant. Il faut toujours que quelqu’un d’extérieur explique en détail au Boulevard de l’Empereur ce qui est vraiment inacceptable avant que le franc tombe.

Il est question ici de la faillite de toute une génération. Celle de Mayeur, mais également celle d’Onkelinx et de Di Rupo. Le parti connaît cinquante nuances de rouge, mais visiblement pas celui de la honte.

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Traducteur : Fabrice Claes
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Date de publication : 08/06/2017