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(c) Pixabay

27 septembre 2017

Votre médecin généraliste ne vous parle pas assez de sexe

Votre médecin souhaite savoir comment se porte votre santé sexuelle mais, bien souvent, il n’osera pas poser de questions à ce propos. De peur d’empiéter sur votre vie privée. C’est pourquoi Sensoa, le Centre flamand d’expertise sur la santé sexuelle, apprend aux médecins généralistes de quelle manière aborder le sujet, à travers sa nouvelle campagne. « Une bonne chose », se réjouit-on du côté de Domus Medica, la plus grande association de médecins en Flandre et à Bruxelles.

Libido en berne, problèmes d’érection et rapports non protégés : 94 pour cent des médecins souhaitent pouvoir en discuter avec le patient durant une consultation. Or, si le patient lui-même n’entame pas la discussion, le défi s’avère impossible à relever dans de nombreux cas. Tel est le constat d’un sondage de Sensoa mené auprès de cent médecins. « Les médecins ont surtout le sentiment que le sexe relève de l’intime et, par conséquent, ils éprouvent des difficultés à poser des questions à ce sujet », précise Ruth Borms, sexologue auprès de Sensoa.

Afin de tenter de remédier au problème, le centre d’expertise fournira bientôt une fiche à chaque médecin. Celle-ci explique en quatre étapes comment aborder les tabous : évoquer la question, stimuler le patient à en parler de lui-même, résumer la situation et formuler une proposition. Le plan comprend des questions préétablies que le médecin peut poser s’il ou elle ne sait pas comment s’y prendre, sans que cela ne lui demande plus de compétences qu’une discussion sur le diabète, par exemple.

Sensoa estime que la sexualité fait partie du métier : « La santé sexuelle est partie intégrante de notre santé. Nous sommes conscients que le corps médical doit déjà traiter de nombreuses questions mais, à nos yeux, ce domaine doit également être dans leurs cordes. » 

Domus Medica partage cet avis. « En tant que médecins, nous sommes à l’écoute des gens. Une qualité dont nous devrions nous servir », affirme le président Roel Van Giel. « Après tout, il revient aux médecins généralistes de rendre le dialogue possible autour d’un problème donné. Le médecin peut du reste toujours aiguiller le patient vers un sexologue par la suite. »

Libido  

Doit-on pour autant s’attendre à parler de sexe si l’on consulte pour une infection des voies respiratoires ? Le but de la campagne n’est pas là, selon Van Giel. « Il existera bien entendu toujours des consultations au cours desquelles le sexe n’aura pas sa place. Mais si le médecin prescrit un médicament qui diminue la libido, il peut s’agir d’une porte à enfoncer. » Quoi qu’il en soit, de nombreux patients en ressentent le besoin. « Souvent, chez le docteur, la question du sexe n’est soulevée qu’à l’initiative du patient. Au moment où, pour ainsi dire, il a déjà remis sa veste. Un patient qui, soit dit en passant, vient consulter pour un rhume. Il est dès lors appréciable que des outils soient mis à disposition pour lancer la conversation. » 

Par le biais d’une campagne sur les réseaux sociaux, Sensoa veut dès à présent détricoter six mythes sur le sexe. Pour en finir avec les attentes irréalistes que nous nourrissons en matière de sexualité.

Mythe n°1 : au plus on fait l’amour, au mieux se porte le couple

Réalité : il ressort de l’enquête Sexpert, menée au Nord du pays, que les Flamands ont en moyenne une relation sexuelle par semaine. Cependant, aucune norme ne définit ce qu’est une vie sexuelle saine. Du reste, entretenir de nombreux rapports sexuels n’est pas nécessairement synonyme de satisfaction.

Mythe n°2 : le sexe n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est spontané

Réalité : l’envie de sexe ne vient pas toujours spontanément. Cette image irréaliste provient de ce que nous lisons et entendons. Non, tous les ébats ne doivent pas spécialement vous emmener au septième ciel. Nourrissez des attentes réalistes. Si vous estimez que vos parties de jambes en l’air sont d’ordinaire « bonnes », sans plus, mais qu’elles vous procurent satisfaction, il n’y a rien qui cloche sous votre couette.

Mythe n°3 : qui dit orgasme, dit pénétration

Réalité : le sexe va bien au-delà de la pénétration. Il englobe également le toucher, les caresses, les baisers et la stimulation avec la bouche, les mains et les doigts. Chez la gent féminine, la pénétration suffit même rarement à atteindre l’orgasme.

Mythe n°4 : les jeunes s’y mettent de plus en plus tôt

Réalité : en moyenne, les jeunes connaissent leur première expérience sexuelle vers 17 ans, selon les chiffres de l’enquête Sexpert. Actuellement, le laps de temps entre le premier baiser et le premier rapport sexuel a tendance à augmenter. 

Mythe n°5 : le sexe est une affaire de jeunes

Réalité : le sexe n’a pas d’âge. Votre sexualité évolue au gré des différentes phases que vous traversez dans la vie. Ces évolutions sont inévitables mais ne sont pas pour autant négatives. Un nombre significatif de seniors flamands est encore sexuellement actif.

Mythe n°6 : une grossesse se planifie

Réalité : tomber enceinte est difficilement contrôlable. À titre d’exemple, 1 grossesse sur 14 découle d’un traitement de fertilité. À l’inverse, 1 grossesse sur 4 n’est pas du tout planifiée.

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