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3 août 2017

De la diversité dans l’administration flamande

Traducteur Sebastien Cano

« L’étalage de bonnes nouvelles de la ministre Homans concernant le plan pour la diversité au sein des autorités flamandes n’est rien de plus que de la poudre aux yeux : elle a adopté une nouvelle méthode de calcul, pas une politique active qui viserait à attirer davantage de personnes issues de la diversité. » Ces mots sont ceux de Yasmine Kherbache (sp.a), députée du Parlement flamand qui s’est plongée dans les chiffres après la présentation du Plan pour l’égalité des chances et la diversité de Liesbeth Homans.

Concernant la politique de diversité au sein des autorités flamandes, les choses sont réglées. Voilà la conclusion qu’a livrée la ministre chargée du dossier, Liesbeth Homans (N-VA), lors de la présentation du Plan 2017 pour l’égalité des chances et la diversité au sein de la commission des affaires administratives. En 2016, 8,9 % du personnel des autorités flamandes était d’origine étrangère, selon la ministre. Parmi ceux-ci, 5,4 % étaient issus de pays hors de l’Union européenne, soit exactement un pour cent de plus que l’année précédente.

Un mérite tout relatif

« Mais cette amélioration est imputable à une nouvelle méthode de calcul, pas à une politique active de Liesbeth Homans », rétorque Yasmine Kherbache (sp.a), une députée du Parlement flamand qui a réclamé les chiffres à la ministre. « L’évolution constatée en 2016 s’explique en grande partie par le fait que pour la première fois, l’Agence pour l’éducation civique et l’intégration est prise en compte — un organisme dont de nombreux employés sont issus de l’immigration. Le reste de cette hausse est presque entièrement dû au renforcement de la diversité au sein de De Lijn et de l’Université de Gand, où le mérite de la ministre est tout relatif. Au sein de l’administration flamande, en revanche — sur laquelle Liesbeth Homans exerce pourtant une influence directe — les progrès sont dérisoires : on passe de 2,33 % à 2,47 %. Et n’est pas le seul objectif qu’elle échoue à atteindre. Les autorités flamandes sont à des kilomètres du but affiché visant à atteindre une proportion de 40 % de femmes dans les postes de direction. Pire : la situation s’est dégradée en 2016, avec une baisse de 25,6 % à 22,7 %. La part de personnes handicapées ou souffrant d’une maladie chronique, quant à elle, stagne à 1,3 %. Alors qu’elles représentent entre 12 et 15 % de la population active : c’est effarant. »

Sous le feu des critiques

L’embauche au sein des pouvoirs publics demeure un exercice difficile : impossible de pratiquer la discrimination positive (la sélection de candidats sur la base de leur origine, de leur sexe ou d’un handicap), car on court le risque de recevoir des plaintes pour discrimination. « Tous ceux qui justifient du diplôme recherché et des qualifications nécessaires ont les mêmes chances de décrocher un emploi au sein des autorités flamandes », réagit Liesbeth Homans de façon lapidaire. Voilà quelque temps déjà que la politique de diversité de la ministre est sous le feu des critiques. En mars de cette année, le licenciement d’Alona Lyubayeva, fonctionnaire pour la diversité, avait suscité un tollé. Trois ans plus tôt, elle avait été désignée pour renforcer la diversité au sein de l’administration flamande. Mais lorsque Liesbeth Homans est devenue ministre de l’Égalité des chances, à l’été 2014, les relations se sont crispées — c’est peu dire. À plusieurs reprises, Alona Lyubayeva avait émis des critiques sur la politique de la ministre N-VA, notamment sur le nombre insuffisant des femmes nommées à des postes de direction dans l’administration. Homans avait alors reproché à Lyubayeva une attitude trop critique, des problèmes de communication avec le cabinet et des difficultés à tenir les délais. 

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