Un tramway nommé migraine

30 décembre 2016 | Auteur : | Traducteur : Fabrice Claes | Temps de lecture : 2 minutes

Pour la première fois, De Lijn a donné en location un tram complet, avec chauffeur, à un annonceur publicitaire. Celui-ci paiera les trajets de tous les voyageurs entre le 28 décembre et le 31 janvier. Par cette action, De Lijn étudie l’opportunité de développer le transport gratuit sponsorisé. Mais TreinTramBus, l’association des usagers des transports publics, n’est pas emballée par l’idée. « Ces trams recouverts de publicités donnent des maux de tête aux voyageurs. »

C’est une première : un annonceur publicitaire prend en charge tous les frais des trajets des voyageurs, et ce pendant un mois. Cette gratuité temporaire d’un transport en commun n’est autre qu’un coup de pub d’une banque en ligne, MeDirect.be. Cette astuce leur permet de placer leur produit sur le marché. Wim Wuyts, directeur marketing de la banque : « Nous lançons le tram gratuit. C’est comme dans notre banque : que ce soit pour y entrer ou pour en sortir, il n’y a pas le moindre frais à payer, à condition d’investir dans des fonds de placement. »

Le tram est totalement recouvert d’autocollants et de publicités. Le voyageur sait ainsi que le tram est gratuit. À l’intérieur, tous les oblitérateurs sont parés d’un message qui invite à ne pas payer. Ce tram unique roule, comme les trams payants, sur la ligne 7 d’Anvers, qui relie Sint-Pietersvliet dans le quartier des Schippers à la commune de Mortsel. Si le montant officiellement payé par l’annonceur pour ce coup de pub reste un secret bien gardé, on peut facilement l’estimer à des dizaines de milliers d’euros.

De Lijn en quête de revenus

Par cette action, la société De Lijn n’incite-t-elle pas au boycott de ses propres lignes ? Il y a en effet fort à parier que les voyageurs seront nombreux à attendre ce tram-là sur la ligne 7, et pas un autre. « Tous les frais sont déjà couverts. Nous avons calculé le nombre moyen d’usagers sur cette ligne, et nous avons envoyé la facture à l’annonceur. Par ailleurs, la majorité de nos usagers disposent d’un abonnement et ne paient pas à chaque voyage. Et rien n’oblige le voyageur vraiment pressé d’attendre le tram gratuit non plus », explique Astrid Hulhoven, porte-parole de De Lijn.

La société de transports en commun reçoit chaque année près d’un milliard de subventions. Mais pour le gouvernement flamand, De Lijn doit rechercher davantage de fonds propres. Pour ce faire, Lijncom, la société responsable de la vente d’espaces publicitaires dans les transports en commun flamands, a franchi un nouveau pas. Astrid Hulhoven : « Nous évaluerons cette action, puis nous verrons si elle intéresse d’autres annonceurs. »

Une loterie

L’association TreinTramBus, pour sa part, ne réagit pas positivement à cette initiative. « Trop peu d’usagers peuvent profiter de ce tram gratuit unique qui ne circule que sur une seule ligne. C’est une véritable loterie. D’autre part, de nombreux usagers se plaignent : ces pancartes publicitaires mobiles que sont devenus les trams leur donnent mal à la tête. Les annonces recouvrent littéralement toutes les fenêtres et on n’arrive presque plus à voir où on doit sortir, constate Jan Vanseveren. Pour les actions de ce genre, il y a des limites à ne pas dépasser. »

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Traducteur : Fabrice Claes
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Date de publication : 28/12/2016
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