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23 février 2021

Urgence climatique : l’échec du gouvernement flamand

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La Flandre doit en faire toujours plus pour atteindre ses objectifs climatiques. Nous sommes en retard sur le planning, et seules des mesures radicales peuvent rectifier le tir. Or, l’urgence ne semble pas figurer au programme politique. Quant aux objectifs, ils ne sont déjà plus d’actualité vu que l’Europe a décidé de passer à la vitesse supérieure. La logique voudrait que les autorités s’empressent de définir une stratégie permettant une meilleure transition climatique, mais la réaction de la Flandre aux propositions avancées par l’Europe indique une attitude diamétralement opposée.

La région a balayé l’idée d’étendre le système d’échange de quotas d’émission d’un revers de main. Pourtant, presque tous s’accordent à dire que cette forme de taxe carbone est un outil efficace pour réduire les émissions de CO2. Le monde académique n’est pas le seul à plaider pour une taxe carbone : les entreprises y sont aussi favorables. Plus récemment, la Banque Nationale a elle aussi rejoint les rangs des partisans, toujours plus nombreux. 

Le gouvernement flamand reste malgré tout sur la défensive, par crainte de nuire à la compétitivité de ses entreprises et au pouvoir d’achat de ses citoyens. Les deux arguments sont faciles à réfuter. Une taxe carbone appliquée de façon globale, telle que l’envisage l’Europe, a justement pour vocation de mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Et en ce qui concerne le pouvoir d’achat : il resterait inchangé tant que les recettes de la taxe sont reversées aux contribuables. Ajoutons que l’argument du pouvoir d’achat n’a jamais été invoqué dans le cadre des subventions pour les panneaux photovoltaïques, pourtant financées par ceux qui n’en possèdent pas.

La position critique du gouvernement flamand face aux propositions de l’Europe pourrait se défendre si la Flandre pouvait se prévaloir d’un parcours sans faille en matière climatique. On en est loin. Le fiasco du compteur inversé a une fois de plus démontré que notre politique climatique était davantage guidée par l’improvisation que par une méthodologie bien pensée. La distance qui sépare la Flandre de ses objectifs, l’échec de la stratégie mise en place jusqu’ici et l’absence de projet visant à rectifier la situation, ne nous mettent pas en position de rejeter de bonnes propositions. Même d’un point de vue politique, ce choix n’est pas des plus judicieux. Si le gouvernement craint de contrarier ses électeurs, cette pression exercée par l’Europe pourrait justement lui servir d’excuse rêvée.

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