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27 février 2019

Superdiversité à Anvers : inquiétudes, richesse et nouveaux défis

Temps de lecture: 2 minutes

Les chiffres le prouvent : Anvers a officiellement rejoint le club des villes où les habitants d’origine étrangère sont plus nombreux que la population autochtone, au même titre qu’Amsterdam, Londres et Bruxelles. Un constat effrayant pour bon nombre d’Anversois. Il est évidemment plus facile de vivre dans une ville où chacun partage la même histoire, la même religion et la même culture.

Or Anvers n’a jamais été de celles-là, et ne le sera jamais. Au contraire, tout porte à croire que les Anversois autochtones figureront plus que jamais, dans un avenir proche, parmi les minorités. Les chiffres indiquent que certains groupes de population tels que les Néerlandais, les Marocains, les Turcs et les Polonais représentent les contingents les plus importants, tandis que les autres immigrés proviennent des quatre coins du monde. Dans ce contexte, qui définit les normes ? Qui s’adapte à qui ? Dans quelle mesure ?

Le sociologue néerlandais Maurice Crul mène actuellement une étude dans les quartiers dits à « superdiversité culturelle » d’Anvers. Il s’interroge sur la manière dont la population autochtone y évolue. Après avoir passé 25 ans à étudier l’intégration des immigrés, il estime à présent qu’il est temps d’aborder le sujet sous l’angle inverse : « Nous nous sommes toujours penchés sur les immigrés en tant que minorités et sur la manière dont ils s’intègrent. Or aujourd’hui, cette vision est dépassée étant donné que les citoyens d’origine belge sont eux-mêmes devenus une minorité. L’intégration s’opère maintenant dans les deux sens. »

Ce sera un défi énorme de bâtir une société où la population d’origine ne cesse de voir sa présence diminuer, où chacun puisse se retrouver tout en conciliant la vie quotidienne avec des valeurs et des principes généraux.

Un avantage de taille, dans une ville fortement multiculturelle, est que le néerlandais fait office de langue véhiculaire entre les habitants. Il s’agit de la seule langue que tout un chacun est en mesure d’apprendre et de comprendre. Raison pour laquelle investir dans l’enseignement (du néerlandais) revêt une importance capitale. Nous ne pouvons en effet cohabiter avec des gens différents que si nous nous parlons, si nous osons entamer le débat et si nous sommes d’accord sur le fait que toute personne qui y met du sien doit en sortir grandie.

En fin de compte, ces femmes et ces hommes venus de tous horizons, à des époques différentes, avec des bagages culturels divers et pour mille et une raisons, ont fait de la ville d’Anvers ce qu’elle est : une cité cosmopolite où tout le monde peut se sentir chez soi, à condition d’en avoir la volonté.

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