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Quand même aménager un jardin coûte un pont
26·04·22

Quand même aménager un jardin coûte un pont

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Photo by Jörg Hofmeier on Unsplash

Aménager un jardin sera-t-il bientôt impayable ? Le secteur de la construction n’est pas le seul à subir une hausse quotidienne des prix. Les arbres, plantes et surtout matériaux durs – bordures en acier, blocs de béton et d’argile ou plaques stabilisatrices pour gravier – deviennent également plus chers chaque mois. « Les prix de certains produits ont doublé, voire triplé », s’avère-t-il. Plusieurs produits végétaux connaissent par ailleurs une pénurie.

La crise sanitaire a eu au moins un effet positif : pendant le confinement, les gens ont passé davantage de temps au jardin. Les entreprises de jardinage ont tourné à plein régime. Deux ans après, rien n’a changé. « Avoir un beau jardin, dans le prolongement de la maison, reste une priorité pour beaucoup », constate Jo Vanuyten, de l’enseigne Tuinmaterialen Meynen. Mais celles et ceux qui veulent embellir leur espace vert devront mettre la main au portefeuille. « Les prix se sont envolés. »

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La hausse peut s’expliquer par plusieurs raisons. Les plantes courantes – telles que les arbustes fruitiers et les plantes à baies, l’if, le frêne et l’érable champêtre – sont devenues rares, ce qui fait grimper les prix. « C’est notamment dû au fait que les paysagistes reviennent aux espèces qu’ils connaissent le mieux. Durant la pandémie, la demande a augmenté, mais l’offre n’a pas suivi », explique Kim Vanhulle, de la pépinière De Bruyn. « Les plantes sont en effet des produits traditionnels qui requièrent beaucoup de temps. Il faut parfois attendre deux à quinze ans avant de planter certains arbres et haies en pleine terre. »

Exportations vers la Chine

Les plantes sont également devenues des produits d’exportation. « Les Chinois nous achètent des tilleuls en masse pour orner les avenues de leurs nouvelles villes. Il y a dix ans, un jeune tilleul était vendu à 10 euros pièce. Maintenant, ce même arbre coûte 30 euros. »

Or ce qui plombe réellement les budgets, ce sont les matériaux durs. « Chaque jour, nous recevons des e-mails de fabricants nous annonçant des augmentations tarifaires », déplore Geert Laenen, architecte paysagiste au sein de l’entreprise Hoebenschot Plant en Tuin. « Si j’ai un conseil à donner aux particuliers, c’est d’accepter une offre en la payant sur-le-champ, afin que l’entrepreneur puisse acheter tout le matériel nécessaire sans délai. Car où est-ce que cela va s’arrêter ? Personne ne le sait. »

Transport et énergie

Joren Verbruggen, spécialiste de la pierre naturelle chez Artstone, le confirme. « Ce sont surtout les frais de transport qui pèsent sur la facture. Pour la pierre bleue provenant du Vietnam ou de Chine, les prix ont doublé par rapport au début d’année. La crise énergétique, liée à la guerre en Ukraine, fait également grimper la facture. »

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Pour les bordures de pelouse en acier corten, les prix ont augmenté de 30 % depuis l’invasion russe, ajoute Jo Vanuytven. « L’Ukraine est un grand producteur d’acier. Mais étant donné que l’industrie est à l’arrêt pour le moment, nous devons nous approvisionner ailleurs. Ce mois-ci, les prix de l’acier ont encore bondi de 67 %. » Les briques en terre cuite (+16%), les plaques stabilisatrices pour gravier (+12%) et les dalles en béton (+9%) sont également devenus plus chères en début d’année.

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