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18 mars 2016

Les pommes pourries de la police d’Anvers

Temps de lecture: 2 minutes

Anvers. Bart De Wever et son chef de corps, Serge Muyters, ont opté pour une stratégie de communication inédite. Alors que rien n’avait encore filtré, ils ont annoncé hier l’existence d’une enquête touchant quatre inspecteurs d’intervention suspectés de faits graves, ce qui leur a permis de prendre immédiatement la main sur cette histoire plus qu’embarrassante sans fuir leurs responsabilités, bien qu’ils ne se soient pas exprimés sur la véracité des accusations.

Qui semblent très graves. Certaines sources officieuses affirment en effet qu’il leur serait reproché d’avoir procédé à un racket systématique des illégaux, en uniforme et armés. Les quatre agents étaient rattachés au bureau de police de la Handelstraat (la City), situé au nord d’Anvers, un quartier connu pour abriter une forte population immigrée, dont de nombreux illégaux et sans-papiers, et où le bourgmestre avait organisé, il y a environ deux ans dans le cadre de sa guerre contre la drogue, plusieurs opérations contre les innombrables dealers qui sont généralement en séjour illégal.

Cow-boys

La découverte de pommes pourries au sein d’un corps de police est toujours une révélation embarrassante et l’opposition anversoise risque bien de s’emparer de l’affaire pour critiquer la culture « de la loi et de l’ordre » prônée par le chef de corps, en affirmant qu’elle attire les cow-boys. La police d’Anvers a finalisé l’an passé une réforme drastique, dont les principaux effets sont une centralisation plus poussée et une limitation des heures d’ouverture des bureaux permettant d’augmenter la présence des unités d’intervention dans la rue. Le fait que ce soient justement des inspecteurs d’intervention qui auraient fait preuve de mauvaise conduite rend toute cette histoire encore plus douloureuse.

Il y a à peine un mois, le conseil communal avait déjà été agité par un vif débat sur les actions du corps de police, suite à quatre incidents lors desquels des interventions, en apparence innocentes, avaient débouché sur des arrestations. Le bourgmestre et son chef de corps avaient alors défendu bec et ongles les interventions de la police, tout en fustigeant la « manipulation de l’opinion » ou en dénonçant des « questions tendancieuses ».

Ces accusations d’ « intervention disproportionnée » semblent toutefois bien futiles par rapport aux faits reprochés aujourd’hui aux quatre inspecteurs. Bart De Wever a pu se consoler à l’idée que la police avait elle-même découvert le pot aux roses et que l’enquête menée par le service de contrôle interne avait porté ses fruits, mais le refus de confier la suite de l’enquête à un service externe a soulevé dès hier une volée de critiques, tandis que les liens supposés d’un des inspecteurs avec la mafia albanaise suscitent des interrogations sur le recrutement.

Or, les dirigeants actuels de la ville ont fait de la sécurité et de la police une priorité absolue. D’un point de vue structurel, De Wever a augmenté le budget de 20 millions d’euros par an. La police d’Anvers compte près de 2 600 hommes et femmes, ce qui en fait le corps le plus important, le mieux équipé et le plus cher de Flandre

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