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Le vélo-cargo remplace de plus en plus souvent la deuxième voiture
02·05·22

Le vélo-cargo remplace de plus en plus souvent la deuxième voiture

Cet article a été traduit par les étudiants MA1 de la Faculté de traduction (FTI-EII) de l’Université de Mons.

Temps de lecture : 3 minutes Crédit photo :

Image by cely_ from Pixabay

Les Flamands adoptent massivement le vélo-cargo. Électrique évidemment, car à en croire les marchands de vélo, « les modèles sans batterie sont dépassés ». Cette petite reine 2.0 supplante ainsi de plus en plus souvent la deuxième voiture dans les allées de garage. « Certains clients se présentent même au magasin munis d’une enveloppe contenant l’argent de leur véhicule fraîchement vendu. »

Ils cahotent depuis un moment sur les pavés du centre-ville de Gand. À Anvers, Courtrai et ailleurs, plus personne ne lève la tête au passage de ces engins remplis d’enfants en grande discussion. Depuis quelque temps déjà, les citadins, découragés par les plans de circulation, les embouteillages et les feux de signalisation, évitent la voiture dans le centre-ville. Mais le vélo-cargo s’invite aussi au-delà de la ville et de sa périphérie. Déposer les enfants à la porte de l’école, faire ses courses… Le prix du carburant qui avoisine les deux euros du litre finit par convaincre les derniers récalcitrants. Avec une augmentation de 38,6% en 2020, les ventes de vélos électriques ont explosé, et de plus en plus de ces acheteurs songent donc à acquérir un modèle cargo.

Les vendeurs ont d’ailleurs bien du mal à répondre à la demande. C’est même là que le bât blesse : bien que le « cargobike » gagne en popularité, les ventes ont baissé de 15% l’an dernier.  En cause ? « Des problèmes de production et de livraison », déplore la fédération Traxio. « La demande n’est pas en cause. »

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Gain de temps

« L’intérêt est énorme », confirme Ellen Van Look, gérante des magasins de vélos De Bakfietskarspecialist et Bakfietsinfo.be. « Pour les modèles électriques, bien entendu. Les modèles cargo sans batterie font partie du passé. Certains clients se présentent même au magasin munis d’une enveloppe contenant l’argent de leur voiture fraîchement vendue. » (rires)

Les prix du carburant ne sont pas la seule cause à l’origine de ce choix. « Il y a dix ans, les voitures de société avaient la cote. Aujourd’hui les jeunes familles voient plus loin », explique Daan Buddingh’ de la marque de vélo-cargo Dolly. « Elles souhaitent adopter un mode de vie plus écologique, faire plus d’activité physique, ne veulent plus perdre de temps dans la circulation. » Wies Callens, de l’association Fietsersbond, abonde dans ce sens : « Les embouteillages, les plans de circulation, les considérations écologiques… Nous avions déjà toute une série de bonnes raisons de changer nos modes de déplacements. Aujourd’hui, même les entreprises l’ont compris.  De plus en plus d’employeurs offrent même des formules de leasing pour vélos-cargo. »

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Facture salée

La facture d’une telle monture peut en effet être salée et échelonner le payement est souvent nécessaire. Et avec une augmentation de 10 à 15%, la crise sanitaire n’a pas aidé. Il vous en coutera ainsi de 3.500 à 7.000 EUR, auxquels vous ajouterez chaque année 200 euro pour l’entretien.  Pour un modèle Urban Arrow, la Rolls-Royce du genre, prévoyez un bon 6.500. Pour un Dolly, 4.899. « Comme je dis toujours, ‘ce n’est cher que si l’investissement n’en vaut pas la peine’ », lance Daan Buddingh’ le sourire aux lèvres. En plus, à la revente, l’engin vaudra encore presque la moitié de sa valeur de départ ».

Délai de six mois

S’ajoutent à cela les délais de livraison. Si la chance vous sourit, vous pourrez vous procurer un modèle dans des délais raisonnables, mais la plupart vous feront attendre plusieurs mois. Les séquelles de la pandémie se font encore sentir et des usines en Chine, notamment, ferment encore leurs portes occasionnellement, ce qui complique la livraison de composants. S’il n’est pas impossible que votre marchand vous déniche encore l’un ou l’autre modèle de stock, il vous faudra patienter huit semaines pour un Winther. Idem pour un Nihola.

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Dans le cas d’un vélo de Bakfiets.nl, pourtant l’un des plus vendus chez De Bakfietskarspecialist, le délai s’élève même à six mois. Les vélos Lovens et Dolly sont livrables immédiatement. « On va pratiquement tout chercher nous-même aux Pays-Bas », se félicite Buddingh’. « Grâce à cela, on parvient à doubler notre chiffre d’affaires chaque année ». Les fournisseurs sont unanimes : nous sommes à un tournant. « Celles et ceux qui voulaient encore accorder une dernière chance à leur voiture le mois dernier se demandent tout doucement ce qu’ils vont bien pouvoir en faire », s’amuse Daan Buddingh’.

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