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Energie : les petits jeux de la N-VA face aux dogmes écologistes
19·10·21

Energie : les petits jeux de la N-VA face aux dogmes écologistes

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photo (cc) : 2happy

L’argument de la ministre flamande Zuhal Demir (N-VA), selon lequel elle soumettrait chaque demande de licence de nouvelles centrales au gaz à un examen objectif, est de plus en plus intenable. Après le refus du projet de centrale à Dilsen-Stokkem, voilà qu’elle vient de rejeter un autre projet de construction d’une centrale à Tessenderlo. Déjà, la députation permanente du Brabant flamand, dominée par la N-VA, avait elle aussi rejeté l’octroi d’un permis pour une centrale au gaz à Vilvorde.

L’opposition de la N-VA à la construction de nouvelles centrales au gaz n’est un secret pour personne. La ministre fédérale de l’Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), mise pourtant sur ces centrales à titre de mesure transitoire, jusqu’au moment où l’on disposera de ressources en énergies renouvelables suffisantes. De son côté, la N-VA (dans l’opposition au fédéral) veut justement maintenir, pendant cette période de transition, deux des réacteurs nucléaires les plus récents, jugés moins polluants.

La N-VA semble désormais vouloir utiliser les cercles de pouvoir auxquels elle appartient pour atteindre cet objectif politique. À Tessenderlo comme à Vilvorde, pourtant, les avis étaient unanimement positifs. Et pourtant, ces demandes se heurtent systématiquement au « niët » du ou de la mandataire N-VA chargé(e) de la décision. Ce n’est plus un hasard.

La position de la N-VA sur les centrales au gaz et sur la sortie du nucléaire est un point de vue parfaitement légitime. On peine d’ailleurs à s’expliquer qu’il faille imputer justement à un parti écologiste (Groen) la hausse des émissions de CO2 des prochaines années. Cela étant, le choix de centrales au gaz relève lui aussi d’un point de vue légitime. Il s’agit d’installations temporaires et flexibles, qui offrent justement l’espace de croissance nécessaire au développement des énergies renouvelables. En outre, s’il faut vraiment fermer les centrales nucléaires, autant abréger les souffrances plutôt qu’attendre encore 10 ans.

Le dossier énergétique n’est pas tout noir ou tout blanc : chaque choix présente des inconvénients. Mais l’important, aujourd’hui, c’est de véritablement poser un choix. Nous savons depuis 20 ans que le pays va devoir affronter une lourde transition énergétique. Et dans le même temps, tous les gouvernements qui se sont succédé ont laissé traîner les choses.

Si tout va bien, le gouvernement fédéral tranchera d’ici quelques semaines. Il est essentiel que cette décision se fasse en toute raison et en toute transparence. Sans dogmes « verts » sur l’énergie nucléaire. Et sans petits jeux politiciens d’un parti d’opposition à d’autres niveaux de pouvoir.

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