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Alcool chez les scouts : que jeunesse se fasse !
23·06·22

Alcool chez les scouts : que jeunesse se fasse !

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

Photo de Kindel Media: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/toast-soleil-couchant-plage-mains-7148673/

Auteur⸱e
Maxime Kinique
Traducteur Maxime Kinique

Dans pratiquement tous les camps organisés par les scouts, Chiro* ou KSA**, il n’est pas rare que les animateurs et animatrices se retrouvent autour d’une bière en fin de soirée, une fois que les enfants dont ils ont la charge sont tombés dans les bras de Morphée. Libre à vous d’estimer que cela n’apporte rien ou même que c’est une chose stupide, mais interdire purement et simplement la consommation d’alcool lors d’organisations de ce genre, comme l’ont fait certains bourgmestres wallons le week-end dernier, c’est tout de même aller un pas trop loin, nous semble-t-il.

Qu’on le veuille ou non, les jeunes trouveront toujours bien un moyen d’entrer en contact avec l’alcool, alors autant que cette initiation se déroule dans un endroit où il y a un certain encadrement et un certain sens des responsabilités, non ?

Les animateurs et animatrices responsables ou d’unité qui témoignent dans notre journal donnent en tout cas l’impression d’avoir bien réfléchi à la question. Au sein de l’unité, il y a toujours des animateurs et animatrices qui doivent s’abstenir de boire au cas où il arriverait quelque chose. Et si les autres ont envie de boire de l’alcool, il importe que les enfants ne le remarquent pas : tout le monde devra donc être fidèle au poste le lendemain. Lorsque les règles sont bien respectées, c’est un système qui semble bien fonctionner.

Une dose de pragmatisme

Le débat n’est pas simple, loin de là. L’alcool n’est pas sans danger : en consommer est mauvais pour la santé, et il y a un risque de développer une addiction. Une certaine dose de pragmatisme n’en demeure pas moins souhaitable dans ce débat. Croyez-vous sérieusement qu’il suffirait de décréter une interdiction pour que les boissons alcoolisées cessent immédiatement de circuler lors des camps de jeunesse ? Même les bourgmestres n’ont pas l’intention d’envoyer leurs gardes champêtres sur les sites des camps afin d’y maintenir l’ordre d’une main de fer. Le recours aux forces de l’ordre doit rester le bâton que l’on n’utilise qu’en cas de débordements, étant entendu que s’il fallait en arriver là, le camp d’été serait terminé sur-le-champ.

Interdire les boissons alcoolisées lors des camps organisés par les mouvements de jeunesse est une mesure fort peu judicieuse et ciblée, car elle frappe les innocents aussi durement que les coupables. Et elle peut même être contreproductive. Consommer de l’alcool n’apparaîtra-t-il pas plus cool encore si c’est interdit ? En tout cas, ce n’est pas en prohibant les boissons alcoolisées lors des camps que l’on apprendra aux jeunes à développer une approche responsable, car c’est précisément lors d’occasions de ce genre qu’ils peuvent expérimenter leurs limites en matière de consommation d’alcool.

Vous pouvez retourner le problème dans tous les sens, le fait est que l’alcool fait tout bonnement partie de notre société. Et rien n’indique que celle-ci – et encore moins le monde politique – soit fort encline à vouloir le bannir. En revanche, la collectivité est de plus en plus consciente que l’alcool n’est pas un produit inoffensif et qu’il vaut mieux l’appréhender avec une certaine prudence. Il existe des filets de sécurité. Qui plus est, la problématique est abordée dans les écoles, beaucoup plus qu’auparavant en tout cas.

Reste, en fin de compte, cette vérité : jeunesse doit toujours se faire, nos jeunes doivent toujours effectuer leurs propres apprentissages pour grandir. Cela a du bon, parfois, de faire preuve d’un peu de pragmatisme !

* Organisation de jeunesse active en Flandre, à Bruxelles et dans les cantons de l’Est.
** Mouvement de jeunesse actif en Flandre.

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