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Qualité de l’air: les Pays-Bas agissent, la Belgique chipote
28 mars 2018

Qualité de l’air: les Pays-Bas agissent, la Belgique chipote

Temps de lecture: 2 minutes
Bart Eeckhout
Auteur
Traducteur Sebastien Cano

Le moment ne pouvait être plus opportun: le jour même où Joke Schauvliege (CD&V), ministre flamande de l’Environnement, se lamente de nouveau sur son triste sort — elle ne peut rien y faire, si cette satanée pollution ne diminue pas —, son homologue néerlandaise, Stientje van Velthoven, annonce un nouveau plan national d’amélioration de la qualité de l’air.

De concert avec les villes et les communes, l’État néerlandais entend prendre une centaine d’initiatives en faveur de l’environnement. Une batterie de mesures qu’on ne peut nullement qualifier de « radicales », puisqu’elles sont à ce point empreintes de pragmatisme qu’elles en deviennent provocantes : électrifier le secteur des taxis, multiplier les zones à 30 km/h en centre-ville ou encore réduire le coût du stationnement pour les véhicules propres.

Ce nouveau plan ne fera certes pas des Pays-Bas un paradis de l’écologie, mais il souligne d’autant plus la différence criante entre la détermination progressiste avec laquelle nos voisins du nord s’emparent du dossier de la qualité de l’air et les timides chipotages belgo-flamands. Rien qu’à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, on dénombre ainsi bien plus de taxis électriques que dans toute la Belgique.

Il n’est donc pas absolument insensé que des citoyens et associations de protection de l’environnement saisissent un tribunal pour imposer une meilleure politique de lutte contre la pollution. On peut déplorer qu’il faille en arriver là, mais il ne faut pas y voir pour autant une judiciarisation de la politique ou une violation du principe de la séparation des pouvoirs : c’est plutôt le contraire.

Lorsque l’État échoue à appliquer les règles convenues au niveau européen, les citoyens sont en droit de demander que cette éventuelle négligence fasse l’objet d’un jugement. Le droit international de l’environnement connaît quelques précédents. Ce qui n’entrave en rien la liberté démocratique des gouvernements ou majorités parlementaires de déterminer la politique à travers laquelle ils entendent respecter leurs engagements. Ce n’est pas au juge qu’il appartient de décider de la manière dont le chat doit attraper les souris — l’essentiel est qu’il en capture.

Mais en matière d’environnement, les souris du gouvernement flamand sont bien peu nombreuses. Ce qui lui fait défaut, c’est la fermeté. Ainsi, la « dédieselisation » du parc automobile, encourageante en soi, conduit à une hausse du nombre de voitures à essence, ce qui comporte aussi des inconvénients.

Dans l’ensemble, la politique belge peut se résumer ainsi : s’atteler, avec les pieds de plomb, aux seuls chantiers devenus inévitables. Une inertie qui s’avère fortement préjudiciable pour ce qui est des questions environnementales. Pour la santé, mais aussi pour l’économie : de l’autre côté de la frontière, miser sur les nouvelles technologies propres permet d’assurer la croissance.

Le gouvernement flamand n’a pas forcément à craindre une condamnation. Aux Pays-Bas, les autorités ont été acquittées à la suite d’une plainte similaire. Ce qui ne les a pas empêchées de proposer une nouvelle batterie de mesures par la suite.

Reste à voir si le gouvernement flamand obtiendra lui aussi une évaluation positive.

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