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Pourquoi Bart De Wever ne veut pas d’une scission à la catalane

(cc) Pixabay

06·07·21

Pourquoi Bart De Wever ne veut pas d’une scission à la catalane

Temps de lecture : 2 minutes
Dominique Jonkers
Traducteur⸱trice Dominique Jonkers

Dès le lendemain des élections de 2024, Bart De Wever (N-VA) entend négocier une nouvelle réforme de l’État avec la gauche francophone, en vue d’aboutir à un accord de « divorce à l’amiable ». C’est ce qu’il a annoncé samedi sur la chaîne flamande Radio 1. Ce faisant, il continue de s’opposer au scénario dont rêve le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken : une sécession à la catalane, où une majorité, au parlement flamand, décréterait sa propre indépendance. À en croire Hendrik Vuye, juriste et ex-député N-VA, c’est parfaitement possible. Après tout, estime-t-il, la constitution belge n’est qu’un chiffon de papier.

Bart De Wever, lui, ne s’engage pas dans cette voie, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est un conservateur, pas un révolutionnaire. Il n’est pas convaincu de la crédibilité de la stratégie que propose le Vlaams Belang : imposer l’indépendance et démolir le système belge.

Après tout, dès le lendemain, la Flandre se retrouverait autour de la table pour négocier le partage de l’indivision : Bruxelles, la dette de l’État et les engagements internationaux de la Belgique.

Des élections référendum

Bart De Wever l’a appris à ses propres dépens, ces dernières années : en politique, précipiter ainsi les choses crée plus de problèmes que de solutions. En mars 2020, il posait en toute hâte sa candidature au poste de Premier ministre d’un gouvernement fédéral d’urgence pour un an. En août 2020, il poussait l’Open Vld dans les bras des écologistes en se lançant dans des diatribes à leur encontre sur les plateaux télévisés.

Enfin – et c’est plus important – si Bart De Wever devait adopter l’idée d’un scénario à la catalane, il transformerait de facto l’élection de 2024 en un référendum sur la pérennité de la Belgique. Pour un mouvement minoritaire comme le nationalisme flamand, ce serait un pari particulièrement risqué. Surtout compte tenu des séquelles d’un brexit toujours très frais dans les mémoires, fruit d’un discours anti-Europe camouflé dans une campagne anti-migration. À l’échelle belge, l’argument ne tient pas.

L’intérêt wallon

Plus que jamais, Bart De Wever opte pour la stratégie de la Volksunie : franchir des étapes à la table de négociation, selon un seul et même leitmotiv : « à eux l’argent, à nous les compétences ». Car la question financière, elle, intervient bel et bien en Belgique. Depuis plusieurs années, on multiplie les signaux d’alarme sur la situation financière de la Région wallonne et de la Communauté française.

Encore cette semaine, le ministre du Budget de la Communauté française, le PS Frédéric Daerden, soulignait que la situation n’était « pas tenable ».

Entretemps, Bart De Wever sait que les socialistes francophones sont prêts à le suivre assez loin dans son projet de virage confédéral. En revanche, convaincre le MR et Ecolo sera une tout autre histoire. Avec ces deux partis, les relations sont glaciales, mais ils sont indispensables pour boucler une majorité des deux tiers au parlement fédéral, Or de Georges-Louis Bouchez (MR), on peut dire beaucoup de choses, mais pas qu’il hésite à se battre pour ses convictions. D’où notre curiosité : se laissera-t-il embobiner par quelques petits dîners intimes ? 

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