Tom Van Grieken, qui se veut pourtant l’apôtre de la loi et de l’ordre, dénonce une nouvelle fois un complot du parquet contre le Vlaams Belang après l’arrestation de deux échevins de Forza Ninove pour faux en écriture. Faute d’avoir pu faire barrage au parti par les urnes ou via le conseil des contestations électorales, on passe maintenant par la justice, veut croire le président du parti. Des techniques directement inspirées de Poutine, s’exclame-t-il encore. L’idée lui aurait-elle été soufflée par Filip Dewinter ?
Ce n’est certes pas tous les jours que des échevins se font arrêter, mais il est néanmoins extrêmement regrettable de vouloir ainsi appliquer la loi strictement quand il s’agit du commun des mortels, puis de crier à la corruption du système dès que ses propres troupes sont mises en cause. En l’espèce, un lanceur d’alerte a rapporté qu’un même certificat médical avait été utilisé pour différentes procurations. Une telle irrégularité ne justifie-t-elle donc pas une enquête, aux yeux de Tom Van Grieken ? Le Vlaams Belang est un parti qui dénonce à tout-va les magouilles des politiciens : qu’il prêche donc par l’exemple.
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Tom Van Grieken qualifie l’opération de chasse aux sorcières. Or, rappelons qu’en 2023, des responsables wallons — qui n’appartenaient pas au Vlaams Belang, mais à l’ancien cdH — ont été condamnés à douze mois de prison avec sursis pour le détournement de procurations de résidents d’une maison de repos. Une chasse aux sorcières qui ratisse donc bien large ! Notons par ailleurs — détail non négligeable — que cette prétendue chasse aux sorcières ne limitera en rien le pouvoir de Forza Ninove et donc du Vlaams Belang : le parti conservera sa majorité à Ninove quoi qu’il advienne. De plus, voilà des années que Forza Ninove est un parti local fermement assis dans cette commune de Flandre-Orientale — une situation qui résulte bien davantage d’une forme poussée de clientélisme que du recours à des procurations.
Il n’y a rien de mal à ce qu’un responsable politique appelle les citoyens à voter par procuration s’ils ne peuvent pas le faire en personne. C’est même un acte fort en faveur de la démocratie, surtout depuis l’abrogation du vote obligatoire aux élections locales en Flandre. En revanche, il est inacceptable qu’il fasse du racolage pour obtenir des procurations. C’est d’ailleurs interdit depuis le dernier fameux décret sur l’organisation des élections.
Dans le dossier de Ninove, l’enquête porte principalement sur le fait qu’un même certificat médical a été copié pour étayer des procurations. Car la sollicitation de procurations en soi est difficile à prouver. D’où cet appel à l’application d’une règle simple : interdire aux responsables politiques figurant sur une liste de se présenter au bureau de vote avec des procurations plein les mains. Cette pratique est en effet pour le moins douteuse : comme le vote a lieu à l’abri des regards, dans l’isoloir, aucune consigne ne figure sur la procuration.
L’électeur qui vote à la place de celui ayant donné procuration est censé respecter les directives données : c’est une affaire de confiance. Si l’on veut voter mais qu’on ne peut pas le faire, mieux vaut donc se tourner vers un membre de sa famille, un ami, un voisin, un soignant… mais pas vers une personne qui a un intérêt direct dans l’élection en question.
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