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Capture d’écran Terzake – VRT NWS

11 janvier 2019

N-VA vs Vlaams Belang: la bataille dans la bataille

Temps de lecture: 2 minutes

Chaque jour qui passe montre un peu plus les changements qui s’opèrent dans le paysage politique depuis les communales du 14 octobre.

Alors que Charles Michel a appris à quel point son flanc gauche était vulnérable, la N-VA a dû admettre que les quatre années passées dans un gouvernement de redressement socio-économique n’avaient pas abouti au résultat escompté. Le parti nationaliste a opté pour la confrontation autour du Pacte des Nations unies sur les migrations alors que son président, de son propre aveu, n’en avait encore jamais entendu parler. Conséquence inéluctable : le gouvernement est tombé.

À la veille des élections, le Vlaams Belang, marginalisé depuis 2014, a dû imiter la N-VA et se distancier en toute hâte du discours nauséabond du cercle étudiant d’extrême droite Schild & Vrienden. Hier, il en a embrigadé le président, Dries Van Langenhove, le bombardant tête de liste à la Chambre pour le Brabant flamand.

Il faut dire que Van Langenhove a toutes les qualités requises : sa capacité à revenir sur ses affirmations augure d’un grand talent politique, lui qui avait toujours juré ses grands dieux de ne jamais jouer le jeu des partis. Ajoutez à cela un costume de bonne coupe, une voix de stentor et une grande capacité à se poser en victime, et le boulevard de la démocratie parlementaire s’ouvre à lui. Ses partisans d’hier, et notamment ceux qui, lorsque les masques sont tombés, ont vu disparaître en fumée leur carrière politique naissante, savent désormais à quoi aura servi leur engagement désintéressé.

Ce coup de pub est révélateur de la confiance retrouvée du Vlaams Belang, manifestement libéré de la crainte de se voir évincé en raison de son discours trop mordant. Le message peut rester aussi « sale », tant qu’il est porté par de nouveaux visages.

Voilà qui ne fait pas l’affaire de la N-VA : alors qu’elle avait axé sa campagne sur la migration et l’identité, elle en est à présent réduite à voir sa tête de file défiée par un amateur, beau gosse, beau parleur, et qui n’a pas sur les épaules la charge du pouvoir. Même balayé sur des questions de contenu à chaque débat, il risque de capter un paquet de voix qui, autrement, auraient naturellement échu à Theo Francken, uniquement parce que c’est une nouvelle tête. Ce paradoxe montre bien les limites de l’opportunisme électoral.

La longue campagne qui nous attend se doublera donc d’une bataille dans la bataille. Une fois de plus, la N-VA et le Vlaams Belang vont se battre à couteaux tirés pour s’attirer les faveurs de l’électeur de droite. La fois précédente, le critère déterminant avait été la perspective d’avoir réellement le pouvoir. Cette fois, tout indique que l’enjeu sera de nouveau la cohérence idéologique, sans concession. Si elle veut gagner cette bataille, la N-VA devra adopter un ton qui lui coûtera des voix au centre.

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