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Le bourgmestre de Saint-Trond filmé ivre en rue : les médias doivent-ils relayer?
05·11·25

Le bourgmestre de Saint-Trond filmé ivre en rue : les médias doivent-ils relayer?

Adriaan Cartuyvels est journaliste pour le quotidien Het Belang van Limburg.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

© nomadsoulphotos via Canva

Une vidéo montrant le bourgmestre de Saint-Trond en état d’ivresse a créé un tollé en province de Limbourg. Même au sein de notre rédaction, de vifs débats ont eu lieu autour d’une question centrale : comment relayer ce genre d’images, si tant est qu’il faille le faire ? Le sujet peut sembler anodin – le penchant pour la bouteille touche beaucoup de monde – mais ne l’est pas du tout.

D’un côté, il y a les faits. Ludwig Vandenhove, le bourgmestre concerné, est une figure publique. En plein jour, il s’est affiché manifestement ivre en rue. Il y a là un intérêt public évident. L’opposition n’a pas manqué de souligner qu’une tempête traversait alors le Limbourg : un argument habile, non dénué de fondement. Un bourgmestre doit être prêt à diriger sa ville, quelles que soient les circonstances. L’état d’ivresse sur la voie publique, par ailleurs, constitue une infraction. Il était donc inévitable d’en parler. Nous avons publié une analyse relatant les faits de cette journée, accompagnée d’une capture d’écran, sans diffuser la vidéo en tant que telle. Était-ce le bon choix ? Là encore, le débat reste ouvert.

Car d’un autre côté – et peut-être avant toute chose – un bourgmestre est aussi un être humain, fait de chair et de sang. Un homme avec une famille, des amis, des émotions et une conscience. La vidéo ne montrait pas seulement un élu titubant, mais aussi une personne dans un moment de grande vulnérabilité. Personne ne souhaite se retrouver exposé ainsi sur Internet. Or, en ligne, tout va très vite et rien ne s’oublie. La séquence s’est propagée comme une traînée de poudre. Ludwig Vandenhove a désormais porté plainte contre ceux qui ont filmé et diffusé la vidéo à son insu. Les experts estiment toutefois qu’une condamnation est peu probable.

Au-delà de l’aspect juridique, cet épisode illustre surtout un malaise de notre époque. L’abus d’alcool ne doit jamais être banalisé. Mais filmer quelqu’un, diffuser massivement les images et ensuite s’adonner collectivement au plaisir cruel du lynchage en ligne ne se justifie pas pour autant. La vie privée est aujourd’hui un bien fragile. Les smartphones et les réseaux sociaux s’immiscent dans chaque recoin de notre existence – d’autant plus chez les jeunes. Si nous voulons encore vivre demain sans l’œil omniprésent de juges autoproclamés sur la toile, il nous faudra redoubler de vigilance. Les médias non plus ne sont pas exempts de tout reproche. Ce genre de situation exige une réflexion permanente – à la maison, sur le lieu de travail et dans les rédactions. Même lorsqu’il s’agit, a priori, d’une simple vidéo d’un bourgmestre ivre dans les rues de Saint-Trond.

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