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De Wever et les Ukrainiens : une vieille histoire de famille…
10·03·22

De Wever et les Ukrainiens : une vieille histoire de famille…

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(c) Pixabay

Auteur⸱e
Dominique Jonkers
Traducteur Dominique Jonkers

L’histoire familiale de Bart De Wever, bourgmestre d’Anvers et président de la N-VA, est intimement liée à l’Ukraine même si, dans son esprit, cela n’a aucun impact sur sa vision de l’accueil qu’il convient de réserver aux réfugiés ukrainiens. Le père de Bart De Wever a souvent visité l’Ukraine après la chute du rideau de fer. « Il a invité de nombreux Ukrainiens à la maison », se souvient Bart De Wever.  

Bart De Wever ignore les raisons exactes qui ont poussé son père à s’intéresser plus particulièrement à l’Ukraine. « J’ai grandi dans une famille flamande, catholique, donc anticommuniste. À l’époque, le monde était partagé entre bloc de l’Ouest et bloc de l’Est. Mon père trouvait que ceux qui avaient la chance de vivre à l’Ouest avaient le devoir de s’engager au profit des malheureux qui avaient la malchance de vivre de l’autre côté du rideau de fer. Il prenait ça très à cœur, tenait à agir, et est entré en contact avec l’association Oekraïne-Project-Edegem. Après l’implosion du bloc de l’Est, l’Ukraine a connu de gros problèmes de pauvreté. Et il était persuadé de pouvoir y changer quelque chose. »

« Il les invitait à la maison »

Le père De Wever s’est donc souvent rendu en Ukraine pendant les années 1990. Qu’y a-t-il fait exactement ? Bart De Wever l’ignore. « C’était un homme de communication, il allait surtout y faire du réseautage. Il prenait le train, et sitôt sur place, il se mettait à fraterniser, en cheminot, avec les cheminots locaux. Il les invitait aussi à la maison. Il activait alors son réseau, et cherchait de petits boulots à leur faire effectuer ici. Avec leurs gains, nos hôtes ukrainiens pouvaient s’acheter une voiture et la remplir de victuailles à ramener à la maison. »

« Je me souviens des paroles prophétiques de mon père. Il en était sûr : un jour, les choses se passeraient mal entre l’Ouest et l’Est. »

Pour autant, Bart De Wever ne dispose pas aujourd’hui d’un réseau de connaissances en Ukraine. Ce qu’il a encore, dans sa cuisine, c’est un cahier de gravures d’un artiste ukrainien, que son père a ramené un jour.

« Quand mon père est décédé, nous avons reçu d’Ukraine de nombreux cartons de condoléances, généralement rédigés en un allemand approximatif ; certains portaient encore des traces de larmes », se souvient Bart De Wever. « Mes contacts avec ce pays se sont effilochés au fil des années. Mon lien avec l’Ukraine n’a pas la forme d’un réseau vivant, mais plutôt d’attaches historiques. Je me souviens des paroles prophétiques qu’a prononcées un jour mon père ; il en était sûr : un jour, les choses se passeraient mal entre l’Ouest et l’Est. »

Une affaire de cohérence et de région

Le week-end dernier, Bart De Wever annonçait qu’Anvers se montrerait solidaire à l’égard des réfugiés ukrainiens et leur ferait bon accueil. Lundi, il en a personnellement accueilli une soixantaine à Deurne, dans l’ancien centre d’hébergement et de soins De Tol. Il a même participé au transport de quelques lits de camp.

D’après lui, sa volonté d’accueillir aujourd’hui des réfugiés ukrainiens n’a rien à voir avec les contacts qu’il a pu avoir avec ce pays par l’intermédiaire de son père.

« On ne peut pas dire que ce conflit me touche plus que d’autres. C’est une simple question de cohérence. J’ai toujours estimé que les réfugiés doivent être pris en charge dans leur propre région. Ce conflit-ci se déroule dans notre région, et il nous incombe par conséquent de les accueillir. Si ces réfugiés étaient originaires d’un autre pays de notre région, je tiendrais le même langage et agirais de même ».

Sacha Van Wiele

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