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Conflit israélo-palestinien: la sortie controversée de Diependaele fragilise sa coalition
22·08·25

Conflit israélo-palestinien: la sortie controversée de Diependaele fragilise sa coalition

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(c) Belga

Guilhem Lejeune
Traducteur Guilhem Lejeune

Les propos du ministre-président du gouvernement flamand, Matthias Diependaele (N-VA), qui a employé le mot « salaud » en évoquant le conflit israélo-palestinien au Parlement flamand, suscitent leur lot de questions.

Premièrement, quelle mouche l’a-t-elle piqué pour qu’il s’exprime en ces termes ? Que ce soit au sein de son gouvernement ou de son parti, la question de Gaza touche manifestement une corde sensible.

On pourrait penser, de prime abord, qu’il cherche à donner à son parti un vernis pro-israélien. Il faudrait alors voir dans sa sortie un acte stratégique visant à exacerber les antagonismes politiques. Mais quel en serait l’intérêt alors même que le premier ministre, Bart De Wever (N-VA), fait profil bas sur la question ?

Matthias Diependaele a déjà fait savoir que ses propos n’étaient pas d’ordre stratégique, mais personnel. Dans ce cas, l’analyse qu’il livre du conflit est pour le moins singulière, car en réduisant un jugement moral porté sur une guerre atroce à la question de savoir « lequel des deux est le plus grand salaud », il néglige tant d’autres éléments que son approche en devient insoutenable. On ne peut balayer d’un revers de la main la possibilité d’une guerre d’anéantissement, a fortiori potentiellement génocidaire, en faisant valoir que la situation doit être appréciée à l’aune d’autres atrocités.

Deuxièmement, quelles seront les conséquences de sa sortie ? Matthias Diependaele semble avoir raté une occasion de protéger le gouvernement flamand contre la polarisation qui déchire la coalition fédérale. Il aurait pourtant parfaitement pu y parvenir. Avec un peu de bonne volonté, le chef de l’exécutif flamand aurait pu proposer un compromis habile qui aurait satisfait toutes les parties. Son homologue wallon, Adrien Dolimont (MR), s’en est d’ailleurs brillamment tiré.

Rappelons – ce qui n’arrange rien à l’affaire – que Matthias Diependaele a déjà montré l’impétuosité de son caractère dans un précédent dossier ayant trait à Gaza. Il avait ainsi décidé, arbitrairement, d’introduire un recours contre une décision relative à l’exportation d’armes vers Israël… avant d’être contraint de reculer face aux protestations de ses partenaires de coalition. Pour se ménager un semblant d’honneur, il avait alors été décidé que la possibilité d’un recours serait « examinée ».

Il reste toutefois une troisième question — qui aurait d’ailleurs dû être réglée au terme du débat : quelle doit être la position de la Flandre au sujet de la guerre à Gaza ? La réponse peut être relativement courte : elle devrait choisir la voie du droit international, qui fait obligation à la Belgique de tout mettre en œuvre pour empêcher une occupation illicite et un possible génocide. Il serait incompréhensible que la Flandre s’écarte de ce principe.

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