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Communautaire : un léger redoux entre la Wallonie et la Flandre

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17 septembre 2019

Communautaire : un léger redoux entre la Wallonie et la Flandre

Temps de lecture: 2 minutes
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Un léger vent du sud a soufflé sur la Flandre ce week-end, entraînant un redoux sur les relations entre les partis wallons et flamands. Jean-Claude Marcourt, négociateur fédéral pour le PS, a apporté un premier message qui démontre la volonté d’émancipation de la région : « La Wallonie doit prendre son propre destin à bras le corps. » Jean-Luc Crucke, un des rares hommes forts du MR encore actifs dans le pays, lui a ensuite emboîté le pas. On dirait bien que les esprits politiques de Wallonie commencent à se retourner. Arrêtons de nous entêter et sortons la tête du sable.

Reconnaître le problème, c’est le premier pas vers sa résolution. Notre modèle, tel qu’il existe encore aujourd’hui, a au moins besoin d’un entretien en profondeur, car il souffre encore de nombreux défauts de fabrication, comme l’illustrent chaque élection et chaque sondage d’opinion.

Les partis flamands ont réagi positivement au signal. Non seulement à cause de son contenu, mais aussi parce qu’il a été envoyé par Marcourt qui, comme Crucke d’ailleurs, est un régionaliste convaincu. Le président du parlement wallon estime depuis longtemps que la Wallonie souffre économiquement parce qu’elle ne met pas ses propres atouts à profit. De là à passer au confédéralisme, il y a un pas ou deux à ne pas franchir. Cette législature ne verra pas naître de nouvelle réforme de l’État, mais le signal des Wallons remet en question notre mode de cohabitation actuel.

Certes, aucune porte n’est ouverte, mais il y a bien une porte entrouverte, avec une serrure à minuterie. Marcourt dispose du soutien total d’Elio Di Rupo, avec qui la N-VA commence à faire copain-copain. Fin octobre, Di Rupo quittera la présidence du PS pour de bon et ne pèsera plus vraiment sur les négociations fédérales, et il y a fort à parier que son successeur sera Paul Magnette. Avec lui, ce sera une autre paire de manches.

Fin octobre, la coopération entre le PS et la N-VA en vue de la formation d’un gouvernement fédéral devrait être au moins en chantier. Le délai de fin octobre avait déjà été évoqué, notamment en raison de la présentation de notre budget devant l’Europe et de l’éventualité d’un Hard Brexit. Et ce week-end, une nouvelle raison s’est ajoutée à ces deux-ci pour creuser les fondations d’un nouveau gouvernement : il faut saisir l’occasion de ce léger redoux avant l’arrivée du gel sur les relations dans notre pays.

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