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(cc) Gêt Fenyan

12 août 2016

Les caméras contre les dépôts clandestins ne convainquent pas à Molenbeek

Temps de lecture: 2 minutes

La zone de police Ouest annonçait la semaine dernière l’acquisition de 40 caméras supplémentaires. Dont huit caméras mobiles spécifiquement dédiées à la surveillance des dépôts clandestins à Molenbeek. « Les informations de ces cinq dernières années laissent entendre qu’on l’on pourra, au moins jusqu’à la fin de cette année, continuer à déverser clandestinement ses déchets, avec peu de chance d’être pris » indique le Molenbeekois François Demeulenaere.

« Cela fait six ans que j’habite à Molenbeek, et les gens qui viennent déposer des déchets en cachette restent un gros problème. Comme dans de nombreux autres quartiers de Bruxelles d’ailleurs. Dans des rues comme la rue Alphonse Vandenpeereboom ou l’avenue du Port, on n’a fait que mettre un emplâtre sur une jambe de bois.

« J’ai l’impression que les déchets entreposés sont ramassés plus rapidement qu’avant, mais leur gestion reste un problème de taille. Notamment parce que la police est en sous-effectif, je suppose, mais aussi parce que ce n’est pas toujours évident de reconnaître des gens sur des images de caméra vidéo. Sans oublier que c’est une mission qui demande pas mal de travail, une mission pour laquelle les collaborateurs doivent recevoir une formation spécifique. »

« Mais c’est surtout le manque criant d’une vision à long terme qui interpelle. Pourquoi faut-il cinq à six ans pour installer ces caméras ? »

Demeulenaere résume les faits de ces dernières années. « Décembre 2011 : trois nouvelles caméras mobiles sont installées à Molenbeek. Coût : 20.000 euros. Décembre 2010 : Une étude de 81.000 euros pour l’achat de nouvelles caméras. Octobre 2013 : Molenbeek débourse 1,8 million d’euros pour une soixantaine de nouvelles caméras. Une salle de contrôle au Stade Edmond Machtens, mais pas d’argent pour du personnel permanent. Décembre 2013 : Molenbeek obtient une cellule spéciale dépôts clandestins. Cinq caméras mobiles. Janvier 2015 : les 60 caméras existantes sont remplacées avant le printemps par 120 nouvelles, dont 40 dites « intelligentes » pouvant identifier les situations suspectes, et cinq mobiles. On ne parle plus d’un quartier général au Stade Machtens. »

Et aujourd’hui, quarante nouvelles caméras pour la zone de police Ouest. « Excusez-nous du sarcasme, mais on imagine bien ce qu’on dira en 2017 sur ces huit – ou cinq, ou trois – caméras mobiles pour la surveillance des dépôts clandestins. Sans parler des voitures garées en infraction, que la bourgmestre Schepmans (MR) nomme des non-priorités. »

« Les caméras sont l’échantillon type d’un effet d’annonce. Les médias s’emparent de l’information, sans une note critique. Si cela prend tellement de temps, c’est apparemment parce que différents niveaux de compétence veulent mettre leur grain de sel au sujet des caméras, et que la « pauvre » zone de police Ouest devait d’abord réussir à collecter l’argent. Je plaide donc en faveur d’une seule politique commune de propreté, et d’une police régionale efficace. »

 

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