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16 avril 2019

Un gouvernement flamand qui n’emballe pas les foules, faute de vision

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Au cours des cinq dernières années, le gouvernement flamand a pris toute une série de mesures. Il est impossible de le nier en parcourant le rapport des ministres flamands. Certains dossiers ont débouché sur des décisions concrètes et des réformes, notamment concernant les allocations familiales, l’interdiction de l’abattage sans étourdissement, l’apprentissage en entreprise, le droit de succession et la justice des mineurs. Des investissements ont également été réalisés, par exemple, dans les infrastructures cyclistes, les logements sociaux et les bâtiments scolaires. Et rendons à César ce qui appartient à César, Ben Weyts (N-VA), le ministre le plus en verve, peut se targuer d’avoir démêlé des dossiers inextricables : la liaison Oosterweel, qui doit boucler le ring anversois, et l’extension du port d’Anvers au détriment de Doel l’irrésistible.

Il n’empêche que le gouvernement Bourgeois renvoie la même image que son leader : solide, mais sinistre. Ni perspectives enthousiasmantes ni projets porteurs dans le chef de l’équipe gouvernementale, et la force du changement si chère au plus grand parti de Flandre ne s’est que peu exprimée.

Pourtant, les occasions de rallier l’enthousiasme des Flamands ne manquaient pas. À commencer par la réforme de l’enseignement, visant à enfin revaloriser les filières professionnelles et techniques et à jeter les fondements de l’école du 21e siècle. Il n’a finalement été question que de poudre aux yeux. La baisse des résultats de l’enseignement, déjà visible lors de l’entrée en fonction de la ministre Hilde Crevits (CD&V), n’a malheureusement pu être enrayée, comme l’indiquent les chiffres publiés la semaine dernière.

Une nouvelle politique en matière de mobilité aurait pu constituer un autre projet porteur ; l’amélioration de la qualité de l’air et du bien-être, de par la diminution des embouteillages, aurait pu aller de pair avec des effets positifs sur le climat. Or il n’en fut rien, et les files sont plus longues que jamais cinq ans plus tard.

Dans ce florilège d’occasions manquées, le gouvernement a particulièrement raté le coche en ce qui concerne le dossier climatique. En prenant des mesures décisives et radicales, l’exécutif aurait pu créer un environnement plus vivable, plus vert et plus sain pour tous les Flamands. Geert Bourgeois, ministre-président si soucieux de l’économie et du monde de l’entreprise, aurait pu conjuguer une politique climatique digne de ce nom à la création d’emplois et de nouvelles entreprises pour lesquelles le climat constitue la priorité absolue. Si son mandat avait bien débuté, avec un sommet ambitieux sur le thème du climat et de l’énergie, les mesures radicales censées en découler ont tourné au fiasco. Le seul ministre du présent gouvernement qui a fait preuve de dynamisme en matière de climat était Bart Tommelein (Open VLD). Tous les autres n’ont pas eu le courage de leurs convictions.
Le résultat des courses vient confirmer ce constat.

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