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Décès de la Reine Elizabeth II: ce coup de fil qui nous attend tous
09·09·22

Décès de la Reine Elizabeth II: ce coup de fil qui nous attend tous

Nadine Van Der Linden, journaliste au quotidien Het Laatste Nieuws, nous explique comment une telle nouvelle arrive.

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

LAURIE DIEFFEMBACQ (Belga image)

Les familles les plus privilégiées n’y échappent pas. Que l’on s’appelle Windsor ou Peetersen, vient toujours le jour où le téléphone se met à sonner. Il arrive que le nom qui s’affiche à l’écran nous mette tout de suite la puce à l’oreille. Parfois, l’heure du coup de fil suffit à nous avertir. Un smartphone qui vibre au beau milieu de la nuit n’est ainsi pas souvent porteur de bonnes nouvelles. « X ne va pas bien. » Celles et ceux qui ont déjà vécu une situation similaire savent ce que l’on ressent. Brusquement, le flou s’installe. Un tunnel s’ouvre à nous. Après coup, on ne sait plus comment on est arrivé à l’hôpital ou à la maison de repos.

Charles et ses fils auront bien entendu pensé à cet appel téléphonique de nombreuses fois au préalable. La dernière photo de la reine fut un choc. Tout à coup, la reine est devenue toute menue, frêle à l’extrême. Elle qui, d’aussi loin que je me souvienne, n’a pas changé d’un iota pendant des décennies. Elle semblait faite d’acier et de béton, architecture intemporelle capable de résister aux intempéries. Et soudain, il faut se rendre à l’évidence : elle était faite de chair et d’os. En témoignent ses tout petits poignets qui dépassent du cardigan. Pendant longtemps, on aurait pu croire que la mort l’oublierait par inadvertance. Or il s’avère que le temps n’épargne jamais personne.

En dépit de tout bon sens, l’espoir était encore permis. Après tout, une reine dispose des meilleurs médecins, et nombreuses sont les personnes âgées qui, contre toute attente, connaissent un second souffle. La dernière photo laissait d’ailleurs encore transparaître toute la coquetterie de la monarque, qui arborait des boucles d’oreilles et un collier de perles. Les choses peuvent-elles aller si vite ?

« Celles et ceux qui ont déjà vécu une situation similaire savent ce que l’on ressent à ce moment précis. Dans les quatre coins du monde, des gens ont pensé à leurs êtres chers. »

Quoi qu’il en soit, beaucoup signeraient des deux mains pour s’en aller de la sorte. À mesure que les membres du clan royal arrivaient à Balmoral, il devenait évident que la reine était en train de vivre ses dernières heures. Or aussi tristes ces moments soient-ils, toutes les familles n’ont pas l’occasion de les vivre. Certaines ont reçu un coup de téléphone abrupt et définitif. À l’image des deux fils de la princesse Diana.

En l’occurrence, les proches de la reine ont peut-être eu le temps de poser les grandes questions, qui sont les mêmes dans toutes les familles. Est-ce que tout a été dit ? Dans l’affirmative, y a-t-il lieu de répéter ou de chuchoter certaines choses ? Si ce n’est plus possible, il ne reste plus qu’à attendre et à observer. Sans perdre le moindre instant, la gorge nouée en attendant la fatalité. Car lorsque le dernier voyage commence, on espère être là afin de faire un dernier bout de chemin avec l’être aimé, le plus longtemps possible…

Ces moments restent à jamais gravés dans la mémoire. On constate ensuite avec étonnement que le monde extérieur continue de tourner, malgré le drame qui vient de se produire dans l’intimité. C’est le moment des accolades, avant que chacun s’en aille faire son deuil dans son coin. Un moment à la fois personnel et universel. Pendant que les membres de la famille royale se tenaient au chevet de la reine, des millions de personnes à travers le monde ont repensé à leurs êtres chers. Qu’elles ont aimés, un jour, quelque part.

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