Daar Daar logo

29 mai 2018

Elections communales : le vélo comme enjeu

Temps de lecture: 2 minutes

La scène avait quelque chose d’étrange pour la poignée de militants rassemblés devant un balcon du parc Bobbejaanland à l’occasion de la journée familiale du CD&V. Il faut dire que le message exprimé par le président du parti, Wouter Beke, n’a pas fini de faire parler de lui. Il a appelé les sections locales de son parti à faire du vélo l’enjeu majeur des élections communales. D’habitude, et par principe, le CD&V se refuse à transformer les élections locales en élections nationales et n’impose pas de thèmes communs à toutes les communes. Pourtant, il serait assez rafraîchissant de voir que ce scrutin-ci, pour une fois, traite d’un thème comme celui-ci plutôt que de nos normes et valeurs, des Lumières, de l’identité et de l’islam. En effet, si ces thèmes ne sont pas dénués d’intérêt et encore moins de pertinence, nous pouvons être certains que nous en entendrons parler plus qu’assez en vue du scrutin fédéral de 2019.

Il semble naturel que les élections locales demeurent locales, avec des campagnes qui traitent de l’environnement direct, de la circulation, de l’air qu’on respire, du tissu social des quartiers, de l’emploi et des commerces locaux, de l’aide aux personnes les plus vulnérables dans la commune…

Reconnaissons-le : la politique en matière de vélos entre dans le cadre de ces thèmes de campagne. Il faut aussi dire que le vélo a le vent en poupe, en Flandre. Parce que c’est meilleur pour l’environnement, parce que le vélo électrique offre plus de confort que jamais, et parfois tout simplement parce que c’est plus rapide que la voiture. Il n’en demeure pas moins que ce mode de déplacement reste extrêmement dangereux. Ainsi, selon un comptage récent, en 2016, 71 cyclistes ont perdu la vie sur les routes belges, et 9 500 ont été blessés dans un accident de la route.

Donc oui, il faut plus de pistes cyclables et plus de contrôles de vitesse devant les écoles, comme le propose le CD&V. Mais on peut sans problème aller beaucoup plus loin. Pas spécialement en matière d’infrastructures – que l’on peut améliorer, certes, mais le mouvement est déjà en marche – mais en matière de conscientisation des automobilistes. Pour s’en convaincre, il suffit de compter, quand on sort de chez soi à vélo, combien de conducteurs stationnent sur les pistes cyclables, combien d’entre eux déboulent sur une rue ou sortent de leur place de parking sans regarder dans le rétroviseur, et combien pensent pouvoir traverser le carrefour en vitesse avant que le cycliste arrive. Imaginez maintenant ces comportements lorsque ce sont des enfants sur le vélo. L’image est épouvantable, n’est-ce pas ? Tant que les mentalités des automobilistes ne changeront pas, les cyclistes resteront des usagers faibles qui peuvent s’estimer heureux d’être tolérés à côté des voitures.

© DaarDaar ASBL 2017 - Mentions légales - Vie Privée