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Quand les bourgmestres flamands se retrouvent à mendier à Bruxelles
24·09·24

Quand les bourgmestres flamands se retrouvent à mendier à Bruxelles

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(c) Wikimedia commons

Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

« Grâce à mon siège au Parlement, je peux réaliser des choses dans ma commune. Au cours de la dernière législature, nous avons pu investir 16 millions de plus », triomphait Marianne Verhaert (Open VLD), bourgmestre de Grobbendonk, à l’occasion de sa prestation de serment juste avant l’été. Et elle n’est pas la seule. D’autres bourgmestres de la province ne cachent pas qu’ils « doivent engager de véritables bras de fer pour obtenir des moyens au niveau local » au sein de parlements et de commissions.

Un argument revient sans cesse : « Anvers fait la même chose. » Comme pour dire que le bourgmestre Bart De Wever exige le jackpot à Bruxelles, et que les autres n’ont qu’à en faire de même. « La ville d’Anvers touche plus de subventions que toute la province de Flandre occidentale », se plaint-on du côté du CD&V. « Quand le gouvernement flamand s’intéresse à la province d’Anvers, c’est surtout la ville qu’il a en tête », a affirmé le week-end dernier Bart Somers, bourgmestre Open VLD de Malines.

Partout en Flandre, les bourgmestres s’indignent des montants qui affluent du Fonds des communes flamand vers Anvers. Ce fonds, doté de 3,4 milliards d’euros, sert à financer les communes au-delà de leurs revenus propres. Anvers touche ainsi 1 500 euros par habitant, mais une commune comme Vosselaer 200 euros par tête seulement.

Vous avez dit « disproportionné » ? Pas spécialement. Par exemple, Vosselaer compte une population plus riche que celle d’Anvers. Elle doit aussi moins faire face à des défis urbains tels que la lutte contre la précarité et l’accueil des sans-abri et des réfugiés. En outre, la Flandre a enregistré un retard historique en matière de politique des grandes villes. Marc Van Peel, ancien échevin CD&V du Port d’Anvers, avance une explication :  « La Flandre n’est pas très attachée à ses villes, car elle en a peu. »

Il n’empêche que le Fonds des communes constitue un patchwork complexe de prélèvements, d’enveloppes et de mini-fonds destinés à certaines régions. Et ce sont les plus petites communes qui paient le prix de cette inefficacité. De Tijd a mis en lumière l’impact des crises successives et de la hausse des pensions sur les maigres finances des communes. Les pouvoirs locaux doivent en effet régler le paiement des pensions de leurs fonctionnaires statutaires. Ces dépenses s’élèvent à 2 milliards d’euros par an, une somme qui augmente de 6,6 pour cent par an.

Avec les élections communales dans le viseur, l’Association des villes et communes flamandes plaide pour une réforme en profondeur du Fonds des communes, afin de rendre plus efficace et plus transparente la répartition de l’enveloppe. Il est temps de s’y atteler. Qui sait, peut-être que les bourgmestres se sentiront alors moins poussés à aller mendier à Bruxelles.

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