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23 novembre 2016

Les églises catholiques, ces nouvelles salles de fête ?

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De plus en plus de Flamands ne considèrent plus l’église comme un lieu de foi, mais comme une salle où sont célébrés quelques événements au cours de la vie.

Il m’arrive parfois d’entrer dans la cathédral Saint-Quentin de Hasselt et, après avoir traversé le bas-côté, je m’installe sur un siège afin de goûter à quelques moments bienfaisants de sainte tranquillité. Je jalouse ces gens qui puisent leur soutien et leur force dans la foi, bien qu’ils se fassent de plus en plus rares. Le nombre d’églises, en revanche, reste inchangé.

À Hasselt comme dans bien des communes du Limbourg et d’ailleurs, le débat fait rage : faut-il réaffecter des églises que quasi plus personne ne fréquente ? Pour un groupe – de moins en moins important – de croyants flamands, la question suscite beaucoup d’émotions. Pour un nombre croissant de Flamands, par contre, l’église n’est plus un lieu de foi ni de réflexion, mais une salle où sont célébrés quelques événements au cours d’une vie. D’autres encore préfèrent vivre leur foi en dehors de l’église. Il en résulte qu’en moyenne, chaque commune de Flandre arrive à remplir de fidèles une grosse église. Cependant, l’idée de transformer les églises de Hasselt en centres de rencontre, en lieux de divertissement, en logements ou en marchés soulève de vives protestations. Un centre de rencontres, à la limite, mais toute autre idée suscite immédiatement le dégoût et les critiques.

Les Pays-Bas, eux, sont déjà nettement plus avancés dans ce débat. La plus belle librairie d’Europe se trouve à Maastricht, dans l’église des Dominicains. À proximité, un magnifique hôtel a été aménagé dans le Couvent des Croisiers, dont l’église abrite la réception et le restaurant. Mais bien d’autres églises de la ville ont trouvé une nouvelle fonction. Elles abritent aujourd’hui des locaux d’université, des écoles, des musées, un théâtre, un cinéma, un tribunal et même une salle de sports. Le Limbourgeois des Pays-Bas serait-il moins croyant que le flamand ? Non, mais il a fait preuve de pragmatisme et a estimé qu’il y avait encore suffisamment d’églises ordinaires à Maastricht.

Si nous avons tant de mal à imaginer, dans notre pays, que nous pourrions revoir l’affectation de certaines églises, c’est peut-être à cause de Napoléon qui, à l’époque, avait confisqué les églises. C’est pour cette raison-là qu’en Belgique, en France et dans certaines régions d’Italie, la commune ou l’État contribuent aux frais des églises. Un bourgmestre limbourgeois s’est déjà plaint du coût de l’entretien des églises de sa commune car avec cet argent, il aurait pu faire construire deux salles de sport. En effet, la facture des municipalités limbourgeoises s’élève à 10 millions d’euros par an. Certes, certaines églises ont une valeur historique et font partie, à ce titre, du patrimoine qu’une communauté se doit d’entretenir. Mais le débat sur la réaffectation des églises n’avancerait-il pas aussi vite qu’aux Pays-Bas si les frais devaient être supportés par la communauté des fidèles ?

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