Le sabotage politique des présidents de partis flamands

2 mars 2016 | Auteur : , et | Traducteur : Thomas Lecloux | Temps de lecture : 2 minutes

Le gouvernement de centre droit avait une opportunité unique de pouvoir travailler cinq années d’affilée sans élections pour réformer le pays. Veut-il encore la saisir? Et où sont les présidents de partis? Cela ne peut plus durer.

La rue de la Loi nous a certes habitués à notre lot de cabaret politique, et il n’est pas rare que des tiraillements internes relèvent plus d’une représentation pour l’extérieur que de réelles dissensions. Mais là, les partenaires de la coalition de centre droit – les trois partis flamands en tête – font vraiment peine à voir.

Extraits choisis des derniers jours: Patrick Dewael (Open VLD) a appelé dans Het Laatste Nieuws à mettre fin au jeu d’enchères perfide entre les partenaires du gouvernement, alors même que sa présidente se livrait à un spectacle déplorable avec Hilde Crevits (CD&V) autour de l’enseignement. Personne n’a compris quel point l’Open VLD espérait marquer par ce tacle public.

L’attaque de Crevits a été encore plus acerbe, lancée ouvertement dans l’hémicycle devant un chœur de huées parlementaires. L’épisode n’était pas encore terminé que Gwendolyn Rutten (Open VLD) torpillait la position de Bart De Wever (N-VA) sur la question des réfugiés avec des mots très durs.

Ce bien piètre théâtre fait suite à d’incessantes offensives entre De Wever, Beke, Van Overtveldt et Peeters au sujet du tax shift, de la sécurité sociale, de l’accueil des réfugiés ou de l’Europe. Soit autant de discussions très teintées idéologiquement qui mènent la politique intérieure à buter sur ses frontières. Il est souhaitable que ces questions suscitent le débat et normal que les partis de la majorité ne soient pas d’accord sur tout : ils pratiquent la politique selon différents angles d’approche. Mais la coalition de centre droit se chamaille jusqu’à la paralysie. Les trois partis flamands cherchent systématiquement ce qui les divise, jamais ce qui les unit.

Est-il nécessaire de répéter que cette coalition flamande et fédérale avait l’opportunité unique – et la mission impérative – de réformer au cours d’une période de cinq ans sans élections ? Qu’elle pouvait enfin, aux deux niveaux, s’atteler pleinement à des réformes sociales, économiques, de la justice et de l’enseignement sans que des situations à la BHV ne paralysent tout le reste ?

On a espéré, un temps, que la génération des présidents de partis quarantenaires – les Beke, Rutten, De Wever et à l’époque Charles Michel – s’était trouvée dans une sorte de nouveau pragmatisme. Dans une situation quasi-impossible, ils ont tout de même réussi à former une coalition remarquablement vite. Avec l’absence du PS de la table des négociations après plus d’un quart de siècle passé au pouvoir, et le gel de l’agenda communautaire pour cinq ans, cela offrait la perspective d’un vent de fraîcheur, de vraies réformes du marché de l’emploi, des pensions, de la sécurité sociale, du système fiscal, etc.

Malheureusement, cette opportunité unique est en train d’être galvaudée à grand galop. Un signe qui ne trompe pas, c’est que les président de partis ne se voient tout simplement plus. Une majorité peut supporter quelques querelles si les présidents des partis sont capables, en temps voulu, de se regarder droit dans les yeux et de se mettre d’accord sur ce qu’ils peuvent encore faire ensemble. Qui aurait cru qu’une nostalgie de la « junte des présidents » referait jamais surface ?

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(cc) Max Boschini

De Tijd

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Traducteur : Thomas Lecloux
Auteur :
Date de publication : 01/03/2016
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