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Fusions des polices: «Quintin a réalisé en trois mois ce que Jambon n’a pas réussi en cinq ans»
17·04·25

Fusions des polices: «Quintin a réalisé en trois mois ce que Jambon n’a pas réussi en cinq ans»

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(c) Belga

Inconnu au bataillon jusqu’à très récemment encore, Bernard Quintin, notre ministre de l’Intérieur (MR), a accompli en à peine trois mois ce que Jan Jambon (N-VA) a tenté en vain pendant toute une législature : fusionner les six zones de police de Bruxelles en une seule.

Cette réforme figurait d’ailleurs noir sur blanc dans le dernier accord de gouvernement — ce qu’aucun élu n’avait réussi à faire jusqu’ici. Une avancée que l’on doit à la volonté de changement du MR et des Engagés, puisque tous les partis flamands ou presque en avaient déjà fait un point de programme depuis belle lurette – sans jamais donc parvenir concrétiser cette noble ambition. C’est précisément là que le bât blessait : pour de nombreux élus francophones, cette fusion avait des relents communautaires. Ils y voyaient une manière pour les Flamands, minoritaires à Bruxelles, de dicter leurs volontés aux bourgmestres francophones. Une lecture erronée : il s’agissait exclusivement d’améliorer l’efficacité et la sécurité dans la capitale, car la réforme ne confère aucun pouvoir supplémentaire aux Flamands sur la police bruxelloise. Manifestement, l’argument – pourtant inchangé – est plus facile à avaler quand il vient d’un Bruxellois francophone comme Quintin que d’un Flamand d’Anvers comme Jambon.

À en croire certains barons bruxellois, cette fusion serait inutile. « La collaboration fonctionne déjà très bien », assure-t-on. Vraiment ? Difficile à défendre quand on sait que, lors de la fusillade à la kalachnikov dans la station de métro Clemenceau à Anderlecht, les seuls agents de la zone de Bruxelles-ville-Ixelles sont intervenus. Les 19 (!) bourgmestres bruxellois oublient aussi un peu vite que la fusion des zones figurait parmi les recommandations de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de Bruxelles et Zaventem, qui avait pointé des lacunes dans la circulation des informations. Une zone unique, c’est aussi une base de données unique.

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De son côté, le citoyen ne se soucie guère de savoir quelle zone de police est responsable de sa rue ou de son trottoir : il a droit à la même réactivité policière partout. À Saint-Gilles, par exemple, plaque-tournante du trafic de drogue, il est actuellement impossible d’assurer une présence continue, faute d’effectifs suffisants, alors que la région bruxelloise compte au total quelque 7 000 agents, soit près de la moitié des effectifs de toute la police fédérale, qui en compte un peu moins de 15 000. Ce n’est pas rien.

Autre crainte des bourgmestres : perdre le lien de proximité avec les quartiers. Un argument légitime, mais rien n’indique que la fusion empêcherait une présence locale forte. Au contraire : les études montrent que l’unification permettrait de dégager davantage de moyens sur le terrain. Tout est une question de mise en œuvre.

La fusion est-elle pour autant la solution miracle à tous les problèmes de sécurité à Bruxelles ? Bien sûr que non. Voyons-la plutôt comme une tentative bien nécessaire de renforcer la sécurité à Bruxelles par une approche politique plus ciblée et plus efficace. Le ministre fait passer la pilule en brandissant une carotte financière : l’État fédéral, pourtant sans le sou, reprendra à son compte la dette des zones de police. A voir dans la pratique.

Quoi qu’il soit, pendant des années, on nous a servi mille et une raisons de ne rien faire, le plus souvent par peur des principaux concernés de perdre de leur pouvoir. Voir un Bruxellois francophone prendre ce dossier à bras-le-corps, dès les premiers mois de son investiture, fait sincèrement plaisir. Parce que l’essentiel n’attend pas. Bien joué, monsieur le ministre.

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