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Élections : les recettes flamandes inspirent les libéraux francophones
20·11·17

Élections : les recettes flamandes inspirent les libéraux francophones

Temps de lecture : 2 minutes Crédit photo :

(c) DasWortgewand

Peter De Lobel
Auteur⸱e
Traducteur Guillaume Lejeune

Les libéraux francophones lancent le coup d’envoi de la campagne électorale de 2018 avec une liste de priorités de 64 pages dont certaines fleurent bon la Flandre.

« Notre but n’est pas d’imiter la Flandre, mais lorsque des mesures sont bonnes, il faut le reconnaître » 

Le MR a approuvé ses textes programmatiques pour l’année prochaine lors d’un congrès organisé dimanche (12 novembre, ndlr) à La Louvière. Plus qu’un plan purement local, il s’agit bien d’une feuille de route générale visant à esquisser les grandes lignes pour 2018. Au niveau local, il reviendra ensuite aux sections MR de les affiner sur la base des problèmes et enjeux propres à leur commune.

À la suite des scandales Publifin et Samusocial, la « bonne gouvernance » est évidemment au centre de toutes les attentions. Dans cette optique, le MR s’inspire abondamment de l’accord conclu l’été passé avec le cdH après que ce dernier eut fait sauter le gouvernement wallon comprenant le PS.

Exit les doubles structures, l’éparpillement des compétences et les incertitudes quant aux responsabilités de chacun : le parti nourrit une profonde aversion pour le gaspillage. En 2014 déjà, le MR avait proposé un « compteur de gaspi » visant à dénoncer l’incurie de certaines politiques menées par les coalitions régionales d’alors, dirigées par le PS.

Les libéraux plaident donc également pour une réduction générale du nombre de conseillers communaux, en Wallonie, mais aussi et surtout à Bruxelles, où ils considèrent que la marge d’amélioration est plus importante. « Dans la capitale, nous souhaitons supprimer au moins un échevin par commune. »

Fusions des communes

Et la Flandre fait l’objet d’une grande attention. Dégraissage des provinces, incitations à la fusion des petites communes, intégration des conseils CPAS dans le conseil communal, regroupement du président du CPAS et de l’échevin des Affaires sociales : il semble bien que les projets proposés par la coalition flamande en 2014 aient donné matière à réflexion. « Ne nous voilons pas la face : nous avons encore beaucoup à apprendre de la Flandre », affirme Christophe Cordier, porte-parole d’Olivier Chastel, président du parti. « Surtout s’agissant de l’efficacité et de la gestion des structures publiques. Notre but n’est pas d’imiter la Flandre, mais lorsque des mesures sont bonnes, il faut le reconnaître. »

Ce n’est pas la première fois que les partis francophones s’inspirent des politiques flamandes. Rappelons par exemple la réforme des allocations familiales wallonnes : le système a été presque entièrement calqué sur le nouveau modèle flamand. Une décision prise par le gouvernement wallon précédent PS-cdH, surtout sous l’impulsion de ce dernier parti : « N’oublions pas que les allocations familiales servent avant tout à soutenir les parents, pas à lutter contre la pauvreté », avait alors rappelé Maxime Prévot.

Autre dossier sur lequel les francophones ont suivi l’exemple flamand : celui de l’intégration – sur un air de valse-hésitation et après quelques années de discussions, certes. Plus tôt dans l’année, le Parlement bruxellois a ainsi approuvé le parcours d’intégration : l’un des rares votes où la N-VA s’est rangée du côté de la majorité.

Signalons enfin un dossier où c’est la Wallonie qui donne l’exemple : le décumul. Mais le système choisi est celui voté sous la pression d’Écolo durant la législature précédente et des résistances se font sentir : tandis que les débats sur le décumul total font rage, le MR considère encore qu’il serait acceptable de limiter le cumul à trois mandats rémunérés supplémentaires.

 

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