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Uber ou taxi : l’absurdité du décret flamand

(cc) pixel2013 via Pixabay

31 janvier 2020

Uber ou taxi : l’absurdité du décret flamand

Temps de lecture: 2 minutes
Fabrice Claes
Traducteur Fabrice Claes

Mercredi, au parlement flamand, Lydia Peeters (Open VLD), la ministre flamande de la Mobilité, a passé un sale quart d’heure. En effet, elle a dû reconnaître que la règle des quinze minutes dans l’arrêté d’exécution du décret Taxi du gouvernement flamand était une erreur. La règle en question contraint les clients à patienter quinze minutes entre l’appel et le moment de monter dans un taxi ou un Uber.

Heureusement, la ministre a vite remarqué l’absurdité – et donc l’insoutenabilité – de la règle. Il apparaît en fait que la règle aurait dû représenter une exception sur le seul territoire de la commune de Zaventem, mais le complément de lieu a disparu du texte pour des raisons mystérieuses. Cette disparition a eu pour effet de ravir le secteur des taxis, car elle rend impossible de facto le fonctionnement d’Uber en Flandre.

Règle bizarre

Ceci dit, l’affaire n’est pas close. En effet, même si la règle n’était valable qu’à Zaventem, elle n’en demeurerait pas moins étrange. Devoir attendre pendant un quart d’heure qu’une voiture située au coin de la rue vienne vous chercher, c’est tout aussi bizarre à Zaventem qu’à Anvers ou Malines. La différence, c’est qu’à Zaventem, les taxis stationnent sur place, alors que dans le reste de la Flandre, les taxis se commandent au téléphone. Le nouveau décret Taxi opère une distinction claire entre les deux, afin que les chauffeurs d’Uber puissent uniquement concurrencer les taxis accessibles par voie téléphonique et non les taxis en stationnement.

« Des inspecteurs munis de chronomètres »

Quoi qu’il en soit, avec ou sans la règle des quinze minutes, le nouveau décret Taxi ne mettra pas fin à la schizophrénie actuelle qui fait rage sur le marché des taxis à l’aéroport. Sur le parking officiel, les taxis réglementaires font la file, tandis que les chauffeurs d’Uber sont obligés de se réfugier aux stations-service des abords de l’aéroport avant de rejoindre les parkings pour récupérer leurs passagers. Si, pour ce faire, ils doivent respecter un temps d’attente de 15 minutes, comment contrôler l’application de la règle ? La Flandre compte-t-elle dépêcher sur place des inspecteurs incognito armés de chronomètres ?

Tout ceci démontre la difficulté de formuler des règlements justes, fermes et équitables pour des secteurs dépassés par les évolutions technologiques. Uber constitue une alternative conviviale et moderne au taxi traditionnel, mais le système est difficile à intégrer dans un contexte législatif belge défendant bec et ongles sa sécurité sociale, comme le prouve cette règle absurde des quinze minutes.

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