Si le néerlandais s’est imposé dans l’enseignement et l’administration en Flandre dès les années 1960, le monde de l’entreprise est resté le dernier bastion du français, jusqu’au « décret de septembre » de 1973, qui impose à toute entreprise établie en Flandre de communiquer en néerlandais avec son personnel.
Cette victoire est le fruit d’un long lobbying, incarné par deux figures hors du commun. D’abord Lieven Gevaert, fondateur du futur groupe Agfa-Gevaert et premier président du Vlaams Economisch Verbond (VEV) : cet autodidacte finance la néerlandisation de l’université de Gand et fonde les premières écoles secondaires catholiques entièrement néerlandophones. Ensuite Hein Beniest, cinéaste et pionnier des relations publiques, qui sillonne dans les années 1950 les écoles, salles paroissiales et cantines d’entreprise avec ses films promouvant le néerlandais standard — financés par des publicités pour des patrons flamingants, dont Gevaert.
Marches sur Bruxelles, fixation de la frontière linguistique, lois successives : pas à pas, le français cède la place au néerlandais comme langue « naturelle » du travail en Flandre. Un décret toujours en vigueur aujourd’hui, des factures aux emails internes.
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