Alors que des milliers de Belges franchissent chaque jour la frontière pour aller travailler en Allemagne ou au Luxembourg, les entreprises de la région germanophone du pays peinent à recruter du personnel qualifié. En lançant la campagne Pendeln neu rechnen (librement traduite « Faire la navette, le bon calcul ? »), le gouvernement de la Communauté germanophone (CG) et les organisations patronales entendent souligner les avantages de travailler dans sa propre région. L’initiative s’invite à présent sur la scène politique wallonne.
Au Parlement wallon, à Namur, la députée régionale Christine Mauel (PFF/MR) a interrogé le ministre wallon de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet (MR), sur les moyens dont dispose la Wallonie pour renforcer la compétitivité des entreprises dans les Cantons de l’Est. La campagne encourage les travailleurs et travailleuses à ne pas uniquement considérer la rémunération lorsqu’ils comparent les offres d’emploi. Frais de déplacement, temps de travail, durée des trajets quotidiens et qualité de vie doivent également entrer en ligne de compte.
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Christine Mauel a repris cette approche à son compte, évoquant également la nouvelle réglementation fédérale sur les heures supplémentaires volontaires, qui pourrait offrir aux employeurs belges de nouveaux leviers pour attirer les talents. Elle souhaitait notamment savoir comment la Wallonie pourrait soutenir la campagne sur le plan économique et aider les entreprises de la région frontalière à renforcer leur position.
« Il ne s’agit pas de faire changer d’avis les navetteurs transfrontaliers, mais nos entreprises doivent être visibles et avoir les moyens de rivaliser dans la course aux talents. »
Pierre-Yves Jeholet a salué cette démarche, qui invite à envisager d’autres critères que le seul salaire dans le choix d’un emploi. Le temps de trajet, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, les perspectives d’évolution de carrière et la qualité de vie sont tout aussi importants, a-t-il souligné. Le ministre a également mis en avant la coopération transfrontalière dans la Grande Région, notamment face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, aux enjeux liés à la mobilité et aux obstacles rencontrés par les travailleurs qui exercent leur activité de l’autre côté de la frontière.
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Dans sa réponse, le ministre n’a toutefois annoncé aucune nouvelle mesure de soutien spécifique aux entreprises de la région Ostbelgien. « Il ne s’agit pas de faire changer d’avis les navetteurs transfrontaliers, mais nos entreprises doivent être visibles et avoir les moyens de rivaliser dans la course aux talents », a déclaré Christine Mauel. À ses yeux, la campagne ouvre un débat essentiel. Encore faut-il voir comment la région peut en tirer profit sur le plan économique. Lors d’une enquête menée en 2025, 87 % des employeurs de la CG se disaient confrontés à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Près de la moitié affirmait ne plus parvenir à trouver de candidats répondant à leurs besoins.
Christine Mauel entend donc rester attentive à cette problématique. En concertation avec les organisations patronales de la région Ostbelgien, il faudra déterminer dans quels domaines un soutien économique ciblé pourrait avoir le plus d’impact, estime-t-elle. Au-delà de la promotion des emplois locaux, une autre question s’impose progressivement dans le débat : comment aider les entreprises de la région à rivaliser avec celles des territoires voisins ?
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