Le Parlement flamand va réduire la voilure de vingt-trois millions d’euros. Une panoplie d’avantages qui s’étaient accumulés pour arrondir des salaires déjà confortables va ainsi disparaître, au moins en partie. Fini l’indemnité forfaitaire par jour de voyage à l’étranger. Exit les indemnités allouées aux membres du bureau. Dorénavant, les présidents de commission ne seront rémunérés que s’ils sont effectivement présents, logique, non ? Même sort pour la somme versée à chaque député pour s’équiper en matériel de bureau : à une époque où ordinateurs et
applications ont remplacé stylos et papier, elle fond de 10 000 à 2000 euros. Quant à l’indemnité de sortie, elle sera réduite d’environ 30 %.
Les mesures structurelles, pour le signal qu’elles envoient, sont encore plus marquantes que la fin de ces à-côtés. Supprimer l’indexation des salaires suivant le modèle du fédéral, par exemple.
Les parlementaires s’apprêtent donc à encaisser un sérieux coup au portefeuille. « En période de disette budgétaire, chacun doit faire sa part, a fortiori les politiques. Ce qui vaut pour les autres
doit aussi s’appliquer à nous », a déclaré la présidente du Parlement flamand, Freya Van den Bossche (Vooruit). C’est vrai. Et pour atteindre cet objectif, il faudra également toucher aux pensions. Leur mode de calcul, pour les députés, s’écarte (largement) de celui appliqué aux citoyens. S’agissant des ministres flamands, ils peuvent désormais dire adieu à leur indemnité
forfaitaire pour le logement et les frais ménagers, dépassant les 1000 euros par mois.
On ne peut que saluer cette démarche du Parlement flamand. Elle va dans le sens des efforts imposés aux citoyens. Économies, fin des acquis, suppression des privilèges. Les temps changent, années fastes et années maigres se succèdent. Rien n’est éternel, surtout pas dans un monde instable et en rapide mouvement.
Le seul bémol ? Cela aurait dû être fait bien plus tôt. Sur le plan tactique, il eût été nettement plus judicieux de franchir ces pas avant d’annoncer une déferlante de coupes budgétaires.
Commencer par soi-même aurait sans doute pu atténuer la colère qui gronde dans la rue. La force de l’exemple n’est plus à démontrer : elle permet de créer de l’adhésion aux mesures
nécessaires. Aujourd’hui, malgré les bonnes intentions, difficile d’échapper à l’impression que les parlementaires n’avaient tout simplement plus le choix.