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Le naufrage de Brantano, un exemple de l’évolution économique en Flandre

(cc) Pixabay

26 août 2020

Le naufrage de Brantano, un exemple de l’évolution économique en Flandre

Temps de lecture: 2 minutes

La reprise des 43 magasins Brantano par le groupe allemand Deichmann, qui exploitera l’enseigne sous le nom de marque vanHaren, sonne le glas de l’une des chaînes de magasins de chaussures les plus connues du pays, signant ainsi la fin d’une aventure entrepreneuriale flamande initiée le siècle passé, dans les années 1960, au sein d’une petite usine de chaussures en Flandre-Orientale.

L’histoire de Brantano est également celle de l’évolution économique de la Flandre au cours des cinquante dernières années. Une histoire de la désindustrialisation, marquée par la disparition de l’industrie de la chaussure, l’importance grandissante du commerce de détail ensuite, l’avènement des enseignes installées en périphérie, la nécessité d’expansion et de professionnalisation, l’intronisation en bourse afin de dégager des fonds destinés à financer la croissance, l’expansion à l’étranger, le tout dans un contexte de mondialisation.

Mais c’est aussi l’histoire du retrait de la famille d’actionnaires de la première heure, de la vente à un groupe néerlandais, de la difficile remise en question structurelle du commerce de détail face à l’émergence du commerce en ligne.

Une trajectoire faite de hauts – entrée en bourse en 1997 – et de bas – faillite en 2015 de Macintosh Retail Group, propriétaire à l’époque, ce qui avait donné lieu à un premier appel à l’aide.

La maison de mode FNG est alors entrée en scène tel un ange salvateur. Reste que les promesses n’ont pas été tenues. La faute à des ambitions trop élevées, à des bases financières trop fébriles, à une gestion trop axée sur les finances et à un esprit d’entreprise pas assez sain. La crise sanitaire aura porté le coup de grâce à FNG et Brantano. En marge, la justice a ouvert une enquête en raison de possibles malversations financières.

L’histoire n’aurait pas dû nécessairement prendre une telle tournure. Il est regrettable qu’une marque aussi connue du grand public en Flandre disparaisse ainsi de la circulation. Ce clap de fin appauvrit davantage le paysage de la distribution dans notre pays, et entraine la perte de quelques centaines d’emplois.

Le naufrage de Brantano fait également grincer des dents auprès d’autres marchands de chaussures. Ces derniers, déjà frappés de plein de fouet par la crise sanitaire, voient à présent un concurrent en faillite liquider ses stocks à coup de réductions à hauteur de 75%. Un exemple flagrant de concurrence déloyale.

Il n’en demeure pas moins que le malheur des uns fait le bonheur des autres. En reprenant 43 magasins Brantano, le géant de la chaussure Deichmann, déjà actif dans 31 pays, se place d’emblée en position de force sur le marché belge, où il avait à peine pignon sur rue auparavant. Pour Deichmann, entreprise familiale, il s’agit là d’une aubaine.

Une entreprise disparaît, et une autre vient la remplacer. Ainsi va, en partie, la dynamique économique. Survient le drame ou l’idylle, selon la perspective. 

Et le consommateur, dans tout cela ? Pour l’heure, il n’a guère de soucis à se faire : il trouvera encore et toujours chaussure à son pied.

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