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Défilé du 21 juillet : « rester chez soi, c’est céder à la terreur »

(c) Mil.be

21 juillet 2016

Défilé du 21 juillet : « rester chez soi, c’est céder à la terreur »

Temps de lecture: 2 minutes

Vingt camions de l’armée bloqueront cette année toutes les voies d’accès à l’itinéraire du défilé national. Une mesure de sécurité supplémentaire prise par les autorités pour contrer les terroristes potentiels en ce 21 juillet. Guido Van Wymersch, chef de corps de la zone de police Bruxelles-Capitale, invite néanmoins la population à se déplacer en masse pour assister au défilé. « Rester chez soi devant la télévision reviendrait à courber l’échine face à l’État islamique. »

« Plusieurs réunions de crise ont été organisées et nous avons eu énormément de travail ces derniers jours », admet Guido Van Wymersch (63). Pour le chef de corps de la police bruxelloise, ce sera la huitième et dernière fois qu’il dirigera les opérations de sécurité autour des festivités du 21 juillet. La dernière avant sa pension. Indiscutablement, ce sera aussi la plus stressante, après le massacre perpétré par Mohamed Bouhlel (31) sur la Promenade des Anglais il y a sept jours.

« Ce qui est arrivé à Nice a frappé la population de stupeur et beaucoup y ont vu une nouvelle forme de terrorisme. Mais pour la police, un camion qui fonce sur la foule fait depuis de nombreuses années partie des éventualités. C’est l’un de nos worst-case scenarios. »

Pour éviter un tel incident, rien n’est laissé au hasard. « L’armée belge a mis vingt camions à notre disposition afin de barricader toutes les voies d’accès à l’itinéraire du défilé ». Des camions qui n’auraient pas été là sans les derniers événements de Nice. « Des blocs de béton seront également placés à d’autres endroits stratégiques, ce qui était en revanche prévu de longue date. »

Des unités spéciales sur les toits

Selon le commissaire Christian De Coninck, porte-parole de la police bruxelloise, de telles mesures sont déjà en vigueur depuis 2009, lorsqu’une voiture a volontairement foncé sur la foule lors de la fête de la Reine des Pays-Bas, le 30 avril 2009 à Apeldoorn. « Cette année, nous avons mobilisé un grand nombre d’agents supplémentaires », confirme le porte-parole. « Mais je ne vous en communiquerai pas le nombre. Des unités spéciales ont également été prévues sur les toits. »

Pour la première fois dans l’histoire du pays, il y aura cette année plus de soldats en service que de militaires participant au défilé. Selon le ministère de la Défense, 1 176 soldats prendront ainsi part au défilé, tandis que 1 400 autres seront mobilisés dans toute la Belgique pour assurer la sécurité du pays.

En dépit du stress ambiant et du sentiment presque nostalgique que d’aucuns éprouveront en repensant à l’époque où seuls quelques slogans indépendantistes flamands lancés au roi pouvaient venir perturber la fête, le chef de corps de la police bruxelloise se veut confiant. « Nous devons nous adapter à cette nouvelle réalité, où des événements tels que Zaventem, Nice et Orlando peuvent se produire. Nous devons nous habituer à ce qu’un Afghan puisse attaquer des voyageurs à la hache dans un train. Nous devrons minutieusement fouiller les spectateurs aujourd’hui et leur demander de laisser leur sac à dos à la maison. C’est le prix à payer, mais qui reste finalement dérisoire pour garantir que cet événement reste une fête. »

Guido Van Wymersch souhaite donc que malgré la menace terroriste, le plus de monde possible rejoigne la capitale en ce 21 juillet. « Ne serait-ce que pour soutenir tous ceux qui ont apporté leur aide aux victimes du 22 mars. Rester chez soi devant la télévision reviendrait à courber l’échine face à l’État islamique. Et cela ne doit jamais arriver. »

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